Le Théâtre de la Photographie et
de l’Image présentera à Nice du 22 mai au 26
août
2007 les oeuvres de 9 photographes canadiens contemporains : Edward
Burtynsky, Serge Clément, Eliane Excoffier, Sarah Jonhson,
Sylvie Readman, Les Frères Sanchez, Volker Seding et Elena
Willis.
Edward BURTYNSKY
Né en 1955 à Saint Catharines
en Ontario, Edward Burtynsky est diplômé en photographie
de la Ryerson Polytechnical University de Toronto où il présente
en 1982 sa première exposition personnelle, Landscapes & Greenhouses.
Il est le fondateur de Toronto Image Works, référence
canadienne en tant que laboratoire photographique et centre pédagogique.
Edward Burtynsky est une figure dominante de cette
nouvelle génération
de photographes canadiens qui se réapproprie le paysage. Depuis
plus de vingt ans, il réalise des photographies de très
grands format de paysages transformés par l’homme :
Burtynsky fait du paysage construit par l’action de l’homme
et de l’industrie, le lieu de son expérience photographique.
Il photographie les amoncellements de métaux densifiés
et compressés (Urban Mines, 1998), les traînées
résiduelles de nickel à la surface du sol (Tailings,
1996), la stratification du sol dans les carrières de pierre
et de marbre (Quarries, 1995, The Carrara Marble Quarries, 1994,
The Stone Quarries, 1993), usines, dépotoirs, pétroliers
en démolition… Burtynsky invite le spectateur à considérer
les splendeurs chromatiques et formelles issues de ces paysages bouleversés.
En effet, ces images rappellent l’expressionnismes abstrait
en peinture tant par leur format que leur contenu qui laisse une
grande place à la texture et à la matière. Mais
bien vite, ce “beau” dérange et soulève
nombre de questions éthiques et esthétiques sans jamais
tenter d’y répondre. Burtynsky nous oblige à faire
face à l’état des choses. Les vues de Burtynsky
cherchent à montrer la démesure des activités
humaines poussées par le progrès et qui puisent sans
conscience dans la terre les ressources nécessaires à la
consommation de chacun, désignant par là même à quel
point une grande part du travail de nos sociétés sert à alimenter
cette manière de vivre qui prend plutôt des allures
d’une manière de consommer.
Serge CLEMENT
Serge
Clément est né à Valleyfield
au Québec (Canada) en 1950. Il a commencé sa carrière
photographique dans les années 70, alternant travaux commerciaux
et personnels. Vit et travaille à Montréal. Il est
représenté par la Galerie Le Réverbère,
Lyon.
Très inspiré par l’urbanité et les villes,
Serge Clément a réalisé de nombreuses images
en Amérique en Asie et en Europe. Issu de la tradition photographique
documentaire, il a adopté ces dernières années
un regard plus introspectif qui laisse une large place au non-dit
et à une libre interprétation de l’image.
Son art poétique est déjà apparent dans ses
premiers projets (Affichage et Automobile, 1976-1977 ; Notes urbaines,
1980-1984 ; Suite européenne, 1984-1987) : urbanité,
philosophie humaniste, composition archéologique et métaphysique.
Depuis 1993, il se consacre exclusivement à la photographie
artistique. Travaillant toujours sur les réflexions, les jeux
de lumière, les photographies qui se renvoient l'une à l'autre,
Serge Clément invente des images au mystère profond
et à la poésie délicate.
Éliane EXCOFFIER
Diplômée en arts plastiques et en histoire de l’art
de l’Université de Montréal, Éliane Excoffier
expose régulièrement depuis 1996, en solo et collectivement.
Œ
uvrant dans le domaine des arts visuels depuis 1997, Éliane
Excoffier partage son travail entre la création et les contrats
de photographie professionnelle. L'artiste vit à Montréal
où elle montre régulièrement ses œuvres.
Elle est représentée par la Stephen Bulger Gallery à Toronto.
Chez Éliane Excoffier, l'intérêt pour la représentation
réside principalement dans deux sphères de l'histoire
de l'art revisitées : le thème du nu féminin
et les outils photographiques traditionnels, voire désuets.
Avec Obscures (série no.2), Excoffier nous livre des images énigmatiques
de femmes dénudées, résultant de prises de vue
faites au Kodak Autographic de 1913. Si certaines de ses séries
précédentes étaient réalisées
au sténopé et donnaient aux spectateurs — par
leur sujet et leur format — une impression de voyeurisme, nous
avons ici accès à d'imposantes images empreintes de
sensualité. Comme si les corps fantômes de jadis devenaient
chair, touchés par un sage érotisme. Impossible de
nier le sentiment d'étrangeté devant ces images qui
semblent liées à différentes temporalités,
dont celle de la photographie ancienne ou de femmes dont on reconnaît
la contemporanéité.
Sarah Anne JOHNSON
Sarah Anne Johnson est née à Winnipeg. Elle est diplômée
de l'université de Manitoba en 2002 et de l'école d’Art
de Yale en 2004. Elle vit et travaille à Winnipeg. Elle est
représentée par la Stephen Bulger Gallery à Toronto.
La plantation d’arbres à Manitoba est un rite de passage
pour beaucoup de jeunes adultes au Canada. Johnson y ayant participé,
en a fait le sujet de ce travail photographique. Elle combine des
photographies prises pendant ses séjours d'été,
et des figurines modelées mises en scène dans des tableaux.
Le résultat est un mélange d’images instantanées
et d’images construites. Le travail de Sarah Johnson a reçu
plusieurs prix et a été exposé dans un certain
nombre d'expositions solos et de groupe au Canada et aux Etats-Unis.
Sylvie READMAN
Née à Québec en 1958, Sylvie Readman
vit et travaille à Saint-Bruno. Elle a obtenu une maîtrise
en arts visuels de l'Université Concordia de Montréal
en 1988. Elle expose depuis 1982.
Dans son ensemble, le travail de Sylvie Readman constitue
une investigation sur les différents aspects du langage photographique. Ainsi,
dans ses œuvres récentes, l'artiste propose des images
de sites extérieurs présentant un bougé. Par
ce procédé, l'artiste inscrit le temps, donnée
essentielle du travail photographique, au sein même de l'image
de telle manière que l'œuvre se situe à la limite
de sa compréhension.
Ce qui l'intéresse, ce n'est pas de reproduire le monde qui
nous entoure, mais bien la création d'une image manipulée à partir
de réalités observables. Par divers procédés
techniques, l'artiste crée une incertitude dans l'identification
du sujet.
Carlos et Jason SANCHEZ
Jeunes
artistes travaillant depuis l’an 2000, les
Frères Carlos et Jason Sanchez diplômés de l'Université Concordia
de Montréal, vivent et travaillent à Laval, dans la
région de Montréal.
Alors que bon nombre de jeunes photographes s’inscrivent toujours
dans la tradition documentaire de Cartier-Bresson, parcourant la
ville caméra au cou à la recherche de l’”instant
décisif”, les Frères Sanchez ont choisi de créer
cet instant.
Les Frères Sanchez proposent une photographie grand format
qui met en scène le réel, des scènes banales
souvent tirées de leur vie de banlieue, à l’instant
même où ce réel est bouleversé pour entrer
dans un monde fantastique, à la frontière du cauchemar.
De ces images se dégage une “inquiétante étrangeté”.
L’enfance est une thématique récurrente pour
ces artistes qui ont à peine trente ans. Troublante, l’image “Abduction” (enlèvement)
montre un homme en noir dans la chambre d’une petite fille
qui fuit son regard. Les frères Sanchez produisent peu. Leur
portfolio présente une douzaine d’images réalisées
au cours des quatre dernières années. En fait, chaque
image est travaillée au détail près, comme au
cinéma. Manifestement obsessifs, Carlos et Jason Sanchez disent
choisir avec soin chaque accessoire, chaque meuble, chaque couleur
et montent leurs décors dans des entrepôts. Ce souci
de réalisme renvoie explicitement au mode de production cinématographique
qui reproduit de façon vraisemblable des lieux, des situations,
des actions. À la manière de Jeff Wall, les frères
Sanchez fixent par la photographie des situations reconstituées
qui font référence ainsi, métonymiquement, à quelque
récit de leur propre manière.
Volker SEDING
L'artiste canadien né allemand à Toronto, est l'un
des photographes canadiens les plus accomplis. Il a eu au cours des
vingt dernières années presque vingt expositions solos
au Canada et aux Etats-Unis Volker Seding est représenté par
la Stephen Bulger Gallery à Toronto.
Ses nombreux projets photographiques sont liés par une esthétique
commune basée sur la précision, le caractère
sculptural et la notion du beau. Dans son travail sur les façades,
Volker Seding approche son sujet dans la position avantageuse d'un
témoin. Photographiant des façades d’immeubles
des rues de Toronto et de New-York, Volker Seding présentent
une séquence de l'histoire de d’une rue et de la ville.
Seding étudie les façades des bâtiments, leur
vieillissement et l’origine culturelle dont elles témoignent.
Utilisant des 2 appareils photo 1/4 x 6, il examine l'architecture
comme un anthropologue. En saisissant les caractéristiques
humaines et culturelles de ces façades, Seding capture l'essence
de chaque bâtiment. Le résultat final rappelle les images
de Walker Evans, George Tice, ou Bernd et Hilla Becher.
Elena WILLIS
Elena Willis est une jeune photographe montréalaise dont
les photos impliquent toujours des personnages confrontés à la
puissante nature. Dans ses compositions photographiques, Elena Willis
implique l'interaction de personnes face à une fatalité,
un événement inopportun qui les arrachent de leur quotidien.
Souvent placés sur un fond de paysage, en relation directe
avec la nature, ses acteurs performent une attitude ou la scène
d'un acte prémédité. Ses images, qui nécessitent
une importante préparation, sont souvent la captation d'un
mouvement instantané que l'artiste souhaite ainsi pérenniser.
Les scènes montrent l'ampleur de l'espace et la soumission
des personnages absorbés par l’immensité de la
nature.
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