Tout horizon est une chimère, qui désigne
aux confins du visible une limite inatteignable, toujours repoussée,
toujours renouvelée. Pure virtualité, l’horizon
suggère une disjonction extrême entre le regard et le
corps, matière à rêverie nous renvoyant en dernière
instance à notre condition d’êtres irrémédiablement
situés.
C’est autour de ce motif que l’exposition du Musée
d’Art moderne et contemporain rassemble des œuvres d’Ed
Ruscha (né à Omaha, Nebraska, en 1937 ; vit à Los
Angeles) et de Jean-Marc Bustamante (né à Toulouse, France,
en 1952 ; vit à Paris). Peintures, photographies, dessins, sculptures
et livres, datant des années 1960 à aujourd’hui,
sont à cette occasion confrontés selon un réseau
d’affinités et d’échos. L’ensemble
propose ainsi une méditation à deux voix sur la notion
de paysage contemporain, et sur les prolongements que trouve celui-ci,
chez Bustamante comme chez Ruscha, dans l’exploration de la dimension
horizontale.
Un catalogue accompagnant l’exposition sera publié en
juin aux éditions des Musées de Strasbourg,
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