Exposition et performance de Paul
Cox à l'occasion
de son installation événementielle au printemps au
lux°
Quatre immenses toboggans de bois parcourent les trois niveaux du
lux°. Leurs trajets enchevêtrés déploient
leurs circonvolutions en un joyeux chaos juché sur une forêt
d'étais et de contreventements. Des centaines de petits
véhicules dévalent leurs pentes, chargés de
messages et d'objets choisis par les visiteurs.
La visite de l'exposition (ou de ce nouveau jeu)
de Paul Cox commence au second étage du bâtiment. Avant d'y monter, les visiteurs
sont invités à se munir, au rez-de-chaussée,
des voitures arrivées en fin de course, et à les amener
au point de départ des toboggans, au point le plus haut du
lux°. Là, un abondant matériel leur permet d'habiller
les voitures à leur guise: lettres, mots, images, objets,
petites caméras et transistors... Tout apport personnel est
aussi bienvenu. Puis l'on choisit son ou ses parcours, pour suivre
les véhicules qui vous guident, dans leur trajet complexe, à travers
les différents espaces du lieu d'exposition. La rencontre
fortuite des voitures au hasard de leurs routes entremêlées
crée un spectacle sans cesse changeant.
Cette nouvelle installation de Paul Cox développe les thématiques
abordées dans certains de ses travaux récents. Le toboggan,
constitué de modules, offre une suite logique à l'immense "Jeu
de construction" montré au Centre Pompidou en 2005 puis à la
Synagogue de Delme en 2006. Il partage avec celui-ci un principe
d'interactivité simple. Modularité et participation
du public caractérisent aussi l'installation "Picture
Elements" exposée au Centre de créations pour
l'enfance de Tinqueux en 2006. On peut y voir enfin un écho
des territoires et des cartographies utilisés dans nombre
de ses travaux imprimés.
L'installation de Paul Cox donne une nouvelle lisibilité aux
espaces un peu labyrinthiques du lux°. Elle en permet un parcours
exhaustif grâce à ses méandres qui n'en laissent
aucun recoin inexploré. On peut se plaire à y voir
une évocation facétieuse de Sisyphe, d'un éternel
recommencement qui oblige à nourrir sans cesse la machine
en remontant les petites voitures à son sommet. "Rien
n'est jamais acquit" pourrait être la morale de cette
fable tri-dimensionnelle. On songe à un bricoleur qui aurait
transposé sur le mode ludique le concept d'entropie cher à Robert
Smithson. Rappelons que le lux° est un cinéma; l'utilisation
du mouvement n'y est pas anodine. Le toboggan installé en
ses murs rappelle le trajet de la pellicule dans la cabine de projection,
ou le flux des images et des mots dans un immense cerveau.
Paul Cox est né à Paris en 1959.
Après des études d’histoire de l’art et
de littérature anglaise, il obtient son agrégation
puis arrête très vite d’enseigner, préférant
faire, parallèlement à la peinture, des livres pour
les enfants, des affiches, des illustrations de presse ou des logos.
Son intérêt grandissant pour les Constructivistes et
autres avant-gardes « qui faisaient de l’art à côté » l’encourage à poursuivre
dans cette voie pluridisciplinaire. Il travaille aussi pour la scène, édite
des jeux et se passionne pour toutes les techniques d’impression.
L'exposition, produite par et pour lux° Scène nationale
de Valence, tissera une sorte de fil architectural entre ses différents
espaces quelque peu labyrinthiques. L'installation évoluera
au gré des visites, des manipulations et du temps.
Vernissage de l’exposition
jeudi 03 mai à 19h
Une journée avec Paul Cox
stage pour les enseignants (sur inscription)
mercredi 09 mai de 09h à 17h
Horaires d’ouverture
de 13h30 à 19h, du mardi au vendredi
de 15h30 à 18h, samedi et dimanche
sauf fermeture d'été |