Dans le prolongement de l’invitation qui
lui a été faite à l’occasion de la conception
graphique du site internet de la galerie, nous consacrons à Marco
Godinho sa première exposition personnelle.
Ce jeune artiste portuguais (né en 1978) n’hésite
pas à s’emparer des différents médiums qui
s’offrent à lui.
La démarche de Marco Godinho s’établit autour des
rapports constants que nous entretenons face au temps et à l’espace.
En effet, cette articulation détermine notre être social
: comment être au monde avec un présent qui se renouvelle
sans cesse, qui s’offre à nous comme une perception à chaque
fois renouvelée et qui trouble les perspectives ?
«
À plein temps » traite de cette quête au quotidien.
Ses travaux consistent en des propositions d’espaces de liberté qui
se jouent des codes relatifs à un contexte, à un objet
pour en montrer les sens cachés et leur conférer un nouveau
statut.
La première partie de l’exposition est construite autour
de la marche, activité propre à tous, qui conditionne
plus que jamais des espaces liés à notre liberté mais
souvent entravés par toutes sortes de contraintes sociales.
Lorsque l’on marche, notre pensée s’élabore
et tente de s’organiser; soudain tout paraît possible
et moins tragique. Un espace mental s’ouvre : « Avancer
sur ses deux pieds rend semble-t-il plus facile le déplacement
dans le temps, l’esprit passe aisément des projets aux
souvenirs, de la mémoire à l’observation. Le
rythme de la marche donne en quelque sorte son rythme à la
pensée... » (1)
Marco Godinho a réalisé une série de 7 marches
qui ont généré, sous différentes formes
(vidéos, dessins, oeuvre néon), une sorte de cartographie
mentale qui démultiplie un déplacement opéré entre
un même point de départ (la gare de Nancy) et un même
point d’arrivée (la galerie).
Dans l’autre salle de la galerie, il sera également
question de déplacements cette fois liés aux questions
de temps perpétuel, à l’instar de ce calendrier-agenda
personnalisé intitulé « Un temps au présent
(Calendrier éternel, 12 propositions d’espaces à expérimenter
le temps) » ou bien de cette horloge transformée en
table de ping-pong circulaire, « All around », où le
filet tourne en une minute autour de la table, divisée en
12 parties comme le découpage d’une montre. Le filet
tourne autour de lui-même comme une aiguille qui compte le
temps qui passe : le temps tourne sans fin, le jeu aussi...
Les travaux de Marco Godinho visent à perturber le statut
des objets qu’ils désignent et confèrent au spectateur
un rôle actif, celui de réinventer sans cesse les règles
du jeu.
(1) Rebecca Solnit, « L’art de marcher »,
Actes Sud Editions, 2002.
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