« Mon art s'apparente le plus à la
musique, car la musique est abstraite. Elle se perçoit en
volume, tons, structures, rythmes, compositions. » W. Leblanc
Avec une simple économie de moyens et l'utilisation de nuances
contrastées et pures, Walter Leblanc (1932-1986) est parvenu à réaliser
une œuvre sérielle d'une intense expressivité poétique,
notamment avec la torsion. Cet élément, structurant ses
sculptures ou rythmant systématiquement la surface de ses toiles,
permet l'ouverture sur un espace tendu où ombres et lumière
vont se répondre inlassablement.
La lumière – L'analyse de la perception des couleurs
impose naturellement l'analyse de son complément optique,
la lumière. L'étude de la lumière est indissociable
de celle de la couleur. La torsion est étroitement liée à l'esthétique
de la lumière. La lumière en perpétuel changement
présente une infinité de reflets, d'éclats,
de réhauts, de tonalités. La richesse de ses variations
n'est possible que par les altérations, les renflements ou
les dépressions de la surface. La torsion est articulée
et se transforme sous l'angle d'incidence de la lumière. La
lumière appelle son opposé, l'ombre. L'alternance des
deux réhausse ou cerne la structure de la composition. La
lumière et son ombre décomposent et recomposent le
schéma de l'œuvre et provoquent des effets d'optique.
Géométrie des formes - « quand à l'avènement
de l'abstrait, l'art a perdu l'évidence de sa lisibilité directe,
les peintres ont doté les signes composant l'art non figuratif
de valeurs symboliques, en les justifiant comme répondant à un
besoin intérieur.
C'est pour annuler l'ambiguïté du caractère de
mystique symbolique attribué à une figure purement
géométrique plastique, que je la remets dans son principe
de construction géométrique (organique).
Par exemple, l'horizontal-vertical dans le concept de la croix (pour
Mondrian mâle-femelle, actif-passif, vie-mort, etc.). Il faut
pour cela concevoir les figures objectivement et concrètement,
en dehors d'une dimension fixe arbitrairement choisie comme la représentation
de « la croix » idéale, symboliquement parlant.
Je propose pour cela une succession de croix dans un ordre croissant
et décroissant (autres exemples) mis dans un contexte relationnel.
Les formes géométriques perdent ainsi leur symbole « mytique » ;
elles répondent mieux à leur essence propre et à leur
intensité picturale. » W. Leblanc
Couleur / lumière - « mes peintures monochromes naissent
d'une médiation mono-idéiste. Elles ne sont donc pas
un jeu du hasard, mais une extériorisation de la réalité intérieure.
L'élaboration se fait en trois phases :
.1.la projection imaginaire du tableau-âme, achrome, sur un écran
: la toile vièrge
.2.la visualisation de la projection imaginaire achrome soit en lumière
maximum (blanc), soit en lumière minimum (noir) ou en des
tons-lumière (couleur)
.3.valorisation des lumières, jusqu'à la cristallisation
parfaite du tableau.
C'est la troisième phase qui, dans la réalisation picturale,
implique qu'un tableau monochrome soit une peinture multicolore,
dont toutes les couleurs sont ramenées à une dominante. ».
W. Leblanc
textes extraits du catalogue raisonné de Walter Leblanc (éditions
Ludion, 1997) disponible à la galerie.
exposition personnelle de peintures, sculptures et œuvres
sur papier du vendredi 4 mai au samedi 2 juin 2007, en collaboration
avec la fondation Leblanc.
vernissage vendredi 4 mai de 18h à 20h à la galerie
en présence des représentants de la Fondation Leblanc.
Walter Leblanc est né en 1932 à Antwerpen (Belgique)
et décédé accidentellement en 1986 à Silly
biographie succinte
1949 – 1954 : Etudie à l’Académie Royale
des Beaux-Arts d’Anvers
1961 : Première exposition individuelle importante, Palais
des Beaux-Arts, Bruxelles
1962 : Organise l’exposition “Anti-Peinture”, Hessenhuis,
Anvers
Fait partie du groupe international “Nouvelle Tendance”
Participe aux expositions internationales du groupe Zéro
1964 : Réalise ses premières intégrations architecturales
1970 : Participe à la 35ème Biennale de Venise
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