Du 16.05 au 1.07.2007, dans le
cadre des Instantanés
du Frac des Pays de la Loire, Henrik Plenge Jakobsen invite l’artiste
Pilvi Takala.
S’intéressant aux structures productrices d’identité,
la jeune artiste finlandaise aime à questionner dans ses dispositifs
plastiques la communication, ses ressorts et ses ambiguïtés.
Les codes traditionnels liés au genre et au groupe social
sont une des préoccupations majeures du travail de Pilvi Takala.
L’enfance et l’adolescence font partie des champs d’investigation
de l’artiste, au même titre que le quotidien, l’univers
des jeunes filles ou celui des majorettes...
En révélant les conditions et les marques d’appartenance
ou de reconnaissance à un groupe, Pilvi Takala pratique une
déconstruction des rôles, des apparences et des masques.
Ses vidéos opèrent par le renversement des points de
vue, l’une d’entre elle met en scène une jeune
femme qui, prêchant les vertus du dialogue et de la générosité,
monopolise dans la même action le temps de parole.
Une part de l’œuvre de Pilvi Takala consiste en des interventions
dans l’espace public par le biais de différents systèmes
de signes, mettant en jeu les notions de langage et de traduction.
Comme l’on pourrait parler de géographie, l’artiste
explore les territoires du public et du privé, à travers
des rapports d’extérieur et d’intérieur,
de frontières. A la manière d’une enquête
sensible, Pilvi Takala procède par entrismes et infiltrations.
Ses performances participent souvent de l’insertion d’un élément étranger
dans un contexte déterminé, dans le but de provoquer
une perturbation.
Séjournant dans le voisinage d’une école publique
de Glasgow, Pilvi Takala vêtue de l’uniforme de l’école,
se balade dans ses environs en attendant les conséquences
et les réactions à son incursion dans cette aire communautaire
très codifiée. Dans un journal de bord, elle y raconte
toutes ses observations et retrace tous les contours de ce déplacement
topographique et social.
L’artiste use notamment de données et d’éléments
folkloriques pour faire apparaître la complexité des échanges
et des comportements. A Istanbul, elle prend comme sujet d’étude
des cafés turcs où règne l’omniprésence
masculine. En Estonie, lors de galas de danse destinés aux
touristes finlandais, Pilvi Takala, du seul fait qu’elle n’est
pas accompagnée, distille le trouble parmi les couples de
danseurs.
Les pièces de l’artiste développent un jeu interrogeant
les règles culturelles, dans tout ce qu’elles ont d’implicite
et ce qu’elles supposent d’aliénations et de contradictions.
A la croisée, celles-ci constituent les lieux d’un dévoilement
de réalités intimes et collectives. |