Adel Abdessemed, Foot on, 2005,
vidéo, 2 secondes en boucle, H+F
Collection, dépôt à long terme au
Frac Nord-Pas de Calais,
Copyright Adel ,
Abdessemed/Courtesy the artist &
Galerie Kamel Mennour, Paris |
En partenariat
avec le FRAC Nord-Pas de Calais, l’Espace Croisé conçoit un
programme vidéo IDEAL.LOOP pour l’Espai Ubu à Barcelone
pendant le festival
LOOP.
Depuis neuf ans, l’Espace Croisé, Centre d’art contemporain à Roubaix,
a
instauré les programmes IDEAL qui regroupent des films sélectionnés
selon le
critère du coup de coeur. Dans ces programmes, des films d’esthétiques
diverses et d’artistes de différentes générations
ne se plient pas forcément à une thématique
commune.
Cependant, avec ce nouvel IDEAL, la notion de mise en scène
est prégnante.
Le programme vise des moments exclusifs et intenses : l’instauration
d’une
relation intime inouïe avec un gabber (Johan Bérard, Shadow
dancing) ; une
réinterprétation inattendue de Westside Story (Shahram
Entekhabi, 8:1) ;
l’émergence du merveilleux (Michelle Naismith, The Captains)
; l’apogée d’un
conte cruel (Alice Anderson, Souffler n’est pas jouer) ; l’étrange
périple d’un
acteur canin de circonstance (Raphaël Zarka, Rooler Gab) ; la
régulation du
doute entre passé et présent (Marie Voignier, Western
DDR); une manipulation
d’image inspirée (Rachel Reupke, Now Wait for Last Year);
une allégorie d’un é
tat du monde (Adel Abdessemed, Foot on)... Du flottement, de la violence
latente, des tensions diffuses, de la gravité, sans aucun effet
superflu se
distillent. La musique règle l’amplification de ces tensions
sous des lumières
artificielles et étudiées. Chaque film applique à sa
narration son langage
formel. Du début à la fin, au-delà de la véracité de
moments uniques et
singuliers, ils arpentent la fiction dans un court-circuit entre le
passé et le
présent, hésitent entre grâce et violence à l'état
pur, féerie et drame imminent,
chorégraphie et menace de combat, distraction et exhibition
dans des parcs
d’attractions tombés en désuétude… Dans
ces climats qui rebondissent les uns
en fonction des autres, serions-nous mis en présence de mirages?
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