La travail
de Camille Henrot interroge la création
et a pour champ d'action les arts qui, tel le cinéma, la musique
ou l'architecture, existent à la fois comme industrie et artisanat.
Camille Henrot explore dans ces domaines les possibilités
de glissement et de fertilisation réciproques. Elle pratique
ainsi un recyclage des produits culturels par addition, soustraction
ou division afin d'en faire ressortir le caractère essentiel
(King Kong addition présenté au Palais de Tokyo, Karaoké chorale
lors de la nuit blanche 2007, ou The Minimum of Life au CIC Genève
). Le travail de Camille Henrot agit ainsi comme un révélateur
des oeuvres qu'il investit.
Ce nouveau monde auquel
fait référence le titre de
l'exposition est celui que constitue pour l'artiste l'appartement
de Yona Friedman. Yona Friedman, artiste, architecte visionnaire,
urbaniste s’atèle à construire des ” Utopies
réalisables”. L'exposition de Camille Henrot met en
scène le fruit de son exploration dans l'appartement de Yona
Friedman en proposant une déconstruction de cet espace et
une réflexion sur les temporalités qui s'y trouvent
rassemblées .
L'appartement de Yona
Friedman est perçu comme un espace
abstrait et symbolique dans lequel les lois de la pesanteur et de
la perspective ne semblent plus s'appliquer. De ce fait, le travail
se déploie comme une archéologie de la représentation à la
recherche de la possible survivance d'une esthétique et d'une
pensée primitive dans le monde d'aujourd'hui. L'appartement
de Yona est une utopie réalisée, anticipant un futur
qui n'implique par la destruction du passé mais vient se superposer à lui.
Ce principe de superposition est celui proposé par le livre,
qui témoigne des échanges sur ce projet entre Yona
Friedman et Camille Henrot, rassemblant photographies et fax échangés.
Le processus de fabrication du livre s'est fait par couches, chacun
ayant peu à peu superposé un calque de dessins et commentaires
sur la maquette initiale .
L’exposition “Le nouveau monde” est un projet
co-produit par les Collections de saint Cyprien, le musée
des beaux arts de Bordeaux et la galerie kamel mennour (Paris). L’exposition
est présentée dans une première version à saint
Cyprien (du 18/05/2007 au 30/09/2007), puis à Bordeaux (à partir
d'octobre 2007) dans une version remaniée.
Toutes images © camille
henrot 2007 courtesy gal. Kamel Mennour, paris |