La pratique de Gérald Panighi débute
par un tri, une sélection d’images dont la plupart sont
issues de la bande dessinée des années 60. Il s’approprie
des personnages qu’il reporte ensuite à l’aide
d’un calque. Réalisés au crayon, rehaussés
d’aquarelle ou d’huile, ils prennent vie sur une feuille
format raisin et sont parfois accompagnés d’aphorismes.
Perdu dans le vide de la feuille blanche, le trait fin et délicat
devient fragment, instant de vie absurde qui, en mêlant au
familier l’incongru, fait jaillir l’inquiétante étrangeté.
Ses dessins portent la trace, l’empreinte de leur fabrication.
Les tâches, les auréoles, les marques de mains ou de
coudes entourent la figure d’une pâte supplémentaire,
insistent sur le motif. La surface de la feuille est accidentée,
le papier est légèrement froissé, un peu gondolé.
Il porte lui aussi les cicatrices de son passage dans l’atelier,
marques du temps, d’une conservation aléatoire. Ces
accidents rompent avec la mécanique du calque et les contraintes
de travail que s’impose l’artiste. Ils ne sont ni là par
hasard ni fait exprès, ils constituent la matérialité même
du dessin. Gérald Panighi est né en 1973 à Nice
où il vit.
Il a étudié à la Villa Arson de 1996 à 2001.
|