Julien AUDEBERT, Benoist BOUVOT, Johan CRETEN,
Anthony DUCHÊNE, Dominique GAUTHIER, David WOLLE
En écho à la langue de Rabelais, chacun des artistes
donne volume, son ou image à sa propre musicalité teintée
de sa spécifique syntaxe.
Le logophile
inventeur de langue est amateur au double sens du terme ; amoureux
des langues
et pas vraiment savant de la science du langage.
C’est la poétique, sa grammaire-propre, qui orchestre
l’œuvre.
Les
suites rythmées de boucles, pleines d'humeurs organiques,
sur les toiles de Dominique Gauthier pourraient servir de partitions à l'ensemble
de appeaux muets d’Anthony Duchêne animés des
souffles vains issus des variations grimacières des ruches
sourdes de silence de Johan Creten.
Les lettrines peintes de David Wolle ne peuvent débuter
que des récits en une langue imaginaire débordant
de borborygmes tonitruants alors que l'alphabet tressé de
limaille de fer de Julien Audebert broderait un chevaleresque roman
scandé d’une énigmatique police julius magneticus.
Il faut tendre l'oreille et la tête pour capter le seul, éphémère
et précieux son, transmis par Benoist Bouvot, hommage à Samuel
Morse, un autre logophile, en faits premier compositeur de musique
binaire et hommage au premier et fugace « enregistrement
sonore » que furent les Paroles gelées de Rabelais.
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