Une bonne vieille cafetière d’où s’échappent
des fumées virevoltantes de rocking-chair ; un combiné téléphonique
de bakélite en cheville avec un portable nommé Nokia
; un petit poids de bronze moulé main retenant les pages d’un
livre de Beckett ; des sandales à talons, bien dorées
mais roses d’émotion, enchâssées de drôles
de jambes ; une paire de ciseaux qui s’emmêle les pinceaux
et préfère le coeur à l’ouvrage ; un si
joli poisson dont on a manqué de peu le suicide.
Le tout dans une architecture de passage, d’occasion, relevant
de l’ici et maintenant, produisant des coins et recoins, des
places de maître ou de repli, à terre ou haut perchées.
Les objets, les sculptures s’installent là où bon
leur semble.
Défiant l’absurde, l’humour, l’amour et
la poésie, ces choses intenables, prêtes à s’envoler,
respirent la liberté. Un parcours aux tenants et aboutissants
imprévisibles, si ce n’est dérivation, pieds
de nez et corps à corps avec l’objet. |