Lili Dujourie travaille la terre
depuis deux ans, avec discernement, régularité, et à partir d’un
principe unique qu’elle a innové. Il y a, il faut le
comprendre aussi, dès les débuts de cette démarche
créative, quelque chose de particulier qui dépend de
la vérité du dépouillement. Artiste solitaire,
vivant en Belgique près de Gand, la ville de l’Agneau
mystique, Lili Dujourie aborde l’argile dans sa mémoire
corporelle, celle de la terre retransmise à ses mains. Elle
agit sur la terre de ses doigts, de sa paume, de sa poigne, non pas
comme de simples outils, mais comme sujets d’investigation
même, retrouvant par le contact de la main une sensation, véritable
acte de foi entre l’art et la vie pour un sens intime et profond.
Avec cette pratique sans facilité ni concession, l’art
s’inscrit dans une filiation, Giacometti, Tarkovski, Marisa
Mertz ou Juan Munoz. Une œuvre qui oriente, autant qu’elle
invite, pour une réflexion en soi, sur le principe universel
de création.
L’exposition personnelle de Lili Dujourie présentée
au Creux de l’enfer pour cet été 2008, rend compte,
avec deux séries d’œuvres, de ce travail international
d’une puissance discrète : une suite de sculptures murales,
des portraits de nature inframince réalisés en fil
de fer, et une série, très récente, de pièces
en terre cuite. D’apparence osseuse ou végétale,
elles sont posées sur des étagères au mur et
sur des socles à ras de terre, ainsi que sur des tables métalliques
austères.
A noter qu’après avoir participé à la
Documenta de Kassel en 2007, cette œuvre récente de Lili
Dujourie sera également présente durant l’été à la
Biennale d’art contemporain de Corée.
FB, 2008
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