Whiteout, c’est le nom d’un fluide
correcteur. À l’aide de ce fluide, il est possible de
faire disparaître des signes sur du papier. Le terme Whiteout
désigne également un phénomène météorologique,
susceptible d’apparaître en cas de chute de neige ou
de brouillard : le ciel et la terre se mêlent; l’horizon,
les contours et les ombres disparaissent. L’espace paraît
complètement vide et semble s’étendre à l’infini,
ce qui peut désorienter celui qui se trouve au milieu du Whiteout.
Whiteout est, à la fois le titre de l’exposition de
Liddy Scheffknecht, et celui d’une des vidéos, présentées
dans l’exposition.
La vidéo montre une course de ski, d’où le skieur
a été effacé. Tout ce qui reste est le mouvement
de la caméra, qui descend la montagne à toute allure.
La caméra suit un vide, glisse sans but sur la piste. Ce qui
reste, c’est la vitesse, que le skieur essaie de dépasser à nouveau à chaque
course, la montagne, qu’il faut apprivoiser, et le spectateur,
qui cherche en vain un repère d’orientation.
Dans cette vidéo, le coureur, un héros moderne, a été gommé,
alors que dans une autre vidéo de l’artiste, il est
au premier plan: la vidéo winners consiste en plusieurs centaines
de photos, qui montrent des gestes de jubilation de gagnants. Il
en résulte un mouvement fluide de bras, lancés joyeusement
dans les airs. Par cette juxtaposition des images, le geste du vainqueur
est caricaturé et devient absurde.
Des objets en papier en forme de médailles et des dessins, également
présentés dans l’exposition, suscitent des interrogations
sur les notions de gagnant et de perdant, le raisonnement en chiffres
et en superlatifs, l’histoire des records et la construction
de mythes et de héros.
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