La sculpture d’Agnès Bracquemond
de filiation classique est très éloignée du
classicisme, dans le sens où celle-ci est une sculpture inachevable.
C'est la sculpture même qui interromp son propre processus
de « finition ». C’est à partir de ce constat,
qu’Agnès Bracquemond ne peut que revenir sans relâche
sur une figure « inachevée » et qui, malgré les
innombrables « études, esquisses » ne restera
qu’inachevée, car inachevable ; seule la mort, en l'occurrence
la destruction d’une sculpture pourrait être une forme
d'aboutissement de « finition ». La démarche créatrice
d’Agnès Bracquemond rejoint en cela le processus communément
utilisé par les graveurs qui peuvent proposer plusieurs états
d’un même cuivre, sans qu'aucun de ces états successifs
et autonomes ne soit une esquisse de celui à venir pas plus
qu’il ne puisse être considéré comme un état
définitif. Aucune sculpture d’Agnès Bracquemond
n’a la prétention de l’état définitif,
chacune d’elles se nourrissant quasiment physiquement de la
précédente, elle n’est que transitoire de celle à venir.
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