Pour
sa première exposition personnelle à la
galerie Claudine Papillon, Grégoire Bergeret nous plonge dans
divers processus qui modifient les modes de perception de notre environnement,
de notre entourage direct ou lointain.
Notre vision est d’abord troublée par un papier-peint
dont le motif semble irrégulier tout en respectant une trame.
C’est également selon une grille précise, une
grille de jeu de 9 lignes par 9 lignes, soit 81 intersections, qu’il
dispose des agrumes carbonisés. De leur acide citrique et
de leurs couleurs vives, il ne reste qu’une essence de forme
légère, dure et noire Le temps géologique accéléré par
le climat d’un four très chaud leur donne un aspect
de fossile carbonifère.
Une idée de la guerre est évoquée à travers
l'explosion d'une bombe dans de grands dessins informatiques où il
reprends le travail de vaporisation en particules du réel
par un obus, en dessinant pixel après pixel des explosions évanescentes.
Ailleurs une sculpture en bande magnétique vidéo, Ad
plures ire II, évoque la désuétude et la dématérialisation
rapide des supports de l'information.
« Je cherche à ce que les différences dues à l'hétérogénéité de
ma pratique se situent dans un espace où les liens deviennent
sensibles. À la suite de diverses manipulations, les objets,
les images tendent à quitter leur famille de référence.
Mes images sont traitées en haute-fidélité,
même si elles apparaissent comme illisibles, voire invisibles.
En fait elles font des infidélités mais surtout à l'idée
de l'image comme contenu directement identifiable. Cette exposition,
en invitant à une réflexion contemplative sur ce qu'il
peut rester de réel d'un événement, aborde notre
rapport au monde, rendu indirect et discontinu par la totalité des
informations qui nous parviennent ».
Grégoire Bergeret - né en 1980, vit et travaille actuellement à Bruxelles.
En 2005, il obtient son Diplôme national d'expression plastique
de l'Ecole des Beaux-Arts d'Annecy. La même année, il
participe à l'exposition collective En cours de Travaux/ Travaux
en cours au Musée d'Art moderne de Saint-Etienne et séjourne à Chalon
sur Saône dans le cadre d'une résidence, La vie des
Formes, avec le soutien de Mark di Suvero.
Il a exposé à la Galerie Claudine Papillon dès
2006 avec une sélection d’œuvres dans une exposition
de jeunes artistes Une autre histoire. Il montre son travail dans
diverses expositions collectives notamment à la Générale
dans (F)lux et dans Mulhouse 006, La création contemporaine
issue des écoles d'art européennes.
Avec le concours du Centre
national des arts plastiques, Ministère
de la culture et de la communication (aide à la première
exposition) |