Martine Aballéa
Jean-Luc André
Florent Contin-Roux
Gabriele Di Matteo
Philippe Durand
Ernest T.
Richard Fauguet
Hans-Peter Feldmann
Rudolf Fila
Gilbert & George
Richard Hamilton
Piotr Klemensiewicz
Bertrand Lavier
Barbara et Michaël Leisgen
Rainier Lericolais
Duane Michals
André Raffray
Arnulf Rainer
Ramon
David Renaud
Jean Sabrier
Yvan Salomone
Ger Van Elk
Kelley Walker
Ian Wallace
William Wegman
Après le succès public et critique de l’exposition « Photopeintries épisode
1 : comment peindre après Picabia et Richter ? » l’hiver
dernier, le Frac Limousin présente cet été 2008
le deuxième épisode du cycle consacré aux relations
entre la peinture et la photographie. Intitulé « Pharmacie »,
d’après le titre du premier readymade rectifié par
Duchamp en 1914, ce second chapitre pose la question de la retouche
photographique (par la peinture) et de ses extensions.
Organisée en trois principaux regroupements d’œuvres
selon le même principe que l’épisode 1 (paysages,
matière imprimée et galerie de portraits), l’exposition
repose sur un échafaudage d’hypothèses et permet
de confronter des œuvres acquises depuis longtemps et des achats
récents. Cette problématique n’est pas nouvelle,
elle traverse tout le XXème siècle, de Duchamp à Max
Ernst et aux surréalistes, en passant par le Pop art : Warhol
et Hamilton, en particulier, mais aussi Baldessari, Vostell et Rauschenberg.
Elle est cependant tout à fait actuelle car les technologies
de l’image ne cessent d’évoluer.
L’exposition « Pharmacie » met également
l’accent sur les différents moyens utilisés par
les artistes pour donner du relief à l’image mécanique.
Des « virages » de Martine Abbaléa aux « caviardages » d’Arnulf
Rainer, des photographies prolongées par la peinture (Ramon,
Wegman) aux rehauts précieux de Duane Michals, des tirages épluchés
de Richard Fauguet aux « dépeintures » de Rainier
Lericolais, toutes les combines semblent possibles. On retrouvera
d’ailleurs certains points communs avec des questions abordées
en 2002/2003 lors des expositions autour du collage et du photomontage
(« Coupé-collé vol.1 et 2 »).
L’envergure de l’exploration est résumée
par Richard Hamilton en 1969 :
«
Après tout, la photographie (peut-être devrait-on établir
une base plus appropriée et penser ce dont je parle en terme
d’images formulées à travers des lentilles, quelque
soit la chimie ou l’électronique impliquée) est
toujours merveilleusement nouvelle comparée à la longue
tradition de la peinture et il y a encore beaucoup d’ajustements à faire
en matière de pensée » (in « Painting and
Photography », Studio International, march 1969).
Certains artistes « soignent » les images, avec maquillages,
fards et onguents, d’autres les actualisent en les colorisant,
d’autres encore veulent retarder l’échéance
de leur disparition. Certains sont plus iconoclastes, et paraissent
engager au contraire, une accélération de leur destruction.
Entre falsification et iconoclastie, cette exposition pointe, en
creux, notre rapport à l’image, du fameux « choc
des photos » des années 70 au flux permanent des images électroniques
d’aujourd’hui.
Les recherches récentes de Richard Hamilton trouvent un écho étonnant
dans les vidéos d’animation 3D de Jean Sabrier et une
actualité troublante dans l’œuvre de Kelley Walker
que nous activons sous forme de carton d’invitation.
Cependant, et c’est une des questions que pose Duchamp, il
convient de distinguer entre image trouvée (sélectionnée
dans la presse, les médias, les banques d’images) et
photographie d’auteur. La dimension psychologique qui émane
des autoportraits de Rainer trouve un écho tout à fait
singulier dans la confrontation aux œuvres de Van Elk, des Leisgen,
de Gilbert & George, voire de Klemenciewicz.
Cette double entrée, entre image trouvée et photographie
d’auteur (auto-portrait ou autre) est le terrain où nous
avons sollicité les artistes en leur demandant d’expliciter
leur point de vue. Leurs réponses viennent alimenter le débat.
On l’a dit, cette exposition explore en profondeur les collections
du FRAC Limousin, depuis les années 80 jusqu’à aujourd’hui.
Elle s’est étoffée grâce à divers
prêts d’oeuvres, et à de nombreuses discussions
avec les artistes. Que tous soient remerciés.
La question reste ouverte à de nombreuses interprétations.
Nous la détaillerons dès la rentrée avec deux
lectures d’exposition, et elle se prolongera en 2009 lors d’un
troisième épisode à caractère historique.
Cette exposition est dédièe à Robert
Rauschenberg.
Yannick Miloux, mai 2008
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