Gavin Turk
L'oeuvre de Gavin Turk, artiste britannique
né en
1967, explore la signification du statut de l'artiste, interrogeant
les notions d'auteur, d'authenticité, d'originalité et
de valeur.
L'exposition personnelle que lui consacre le Magasin, la première
de l'artiste dans une institution française,
présentera une large sélection de sa production des quinze
dernières années, depuis les sculptures en cire le
représentant jusqu'à ses plus récents autoportraits
sérigraphiés sur toile.
À
la fin de ses études en 1991, lors de l'exposition des diplômés,
Gavin Turk montra un atelier entièrement vide
qui ne contenait qu'une vitrine à la Joseph Beuys. À l'intérieur
de cette vitrine, une plaque bleue, comme celles
qui ornent les monuments historiques anglais, et sur laquelle on
pouvait lire : "Borough of Lensington / Gavin
Turk Sculptor / Worked Here 1989-1991" [Arrondissement de Lensington
/ Gavin Turk, sculpteur / a travaillé ici
de 1989 à 1991]. Mais le Royal College of Art sembla ne pas
goûter la plaisanterie et refusa de valider son
année.
Au moment où les Jeunes Artistes Britanniques, tels Damien
Hirst, Tracy Emin ou Sarah Lucas, se propulsaient
au rang de stars, Gavin Turk entreprenait, lui, de parodier le culte
de la personnalité voué par le monde de l'artà
certains artistes et la primauté de la signature d'un artiste
sur la valeur intrinsèque de l'oeuvre d'art qui en
découle, qu'il s'agisse de son évaluation économique
ou institutionnelle.
Le travail de Gavin Turk s'apparente à une sorte de tour de
passe-passe car, s'il est lui-même toujours le sujet
apparent de son oeuvre, on n'apprend rien ou presque sur qui est
Gavin Turk. Comme s'il se cachait derrière un
alter ego portant le même nom, exerçant la même
profession et qu'il décline en autant de personnages comme,
par exemple, des figures de cire le représentant en Che Guevara
mort, en Turk automate ou en clochard.
Gavin Turk semble parfois impossible à distinguer d'autres
artistes tant il cite librement les oeuvres des plus
prestigieux de ses prédécesseurs. Ses spectaculaires
autoportraits en cire, ses objets, photographies et
sérigraphies offrent un panorama complet de l'histoire de l'art,
faisant référence à l'oeuvre de Marcel Duchamp,
René Magritte, Yves Klein, Piero Manzoni, Robert Morris, Marcel
Broodthaers, Joseph Beuys ou Andy Warhol
(pour n'en citer que quelques-uns).
Exposition organisée en collaboration avec le Gemeentemuseum
de La Haye, Pays-Bas.
Troy
Brauntuch
Né en 1954 dans la ville de Jersey (New Jersey,
USA), Troy Brauntuch est apparenté, au même titre
que des artistes comme Richard Baim, Christopher Williams, Jenny
Holzer, Jeff Koons, Cindy
Sherman ou Richard Prince, à la « Picture Generation » ou « Génération
Reagan » que l'exposition de
1989, "A Forest of Signs / Art in the Crisis of Représentation" du
Museum of Contemporary Art de Los
Angeles, a mise à l'honneur. Génération d'artistes
de l'image, attachés à la déconstruire, à démonter
les processus de sa fabrication, de sa reproduction ou de sa diffusion
en en analysant les signes et
les référents.
Depuis la fin des années soixante-dix Troy Brauntuch utilise
des images qu'il emprunte à l'imagerie de
la sphère domestique ou publique. Il les transforme en photographies,
en dessins ou à ses débuts, en
peintures après en avoir extrait les informations minimales.
La couleur est généralement ramenée à un
ton sur ton, l'espace du sujet représenté est rendu
par des
valeurs plus ou moins claires ou foncées, l'arrière
plan devient un aplat monochrome sans profondeur
sur lequel flottent des objets privés de détails et
devenus ainsi indéchiffrables.
Ces images d'images demeurent toutefois visibles sans que leur
sujet soit clairement identifiable.
Troy Brauntuch joue de cette ambiguité et de cette tension
distinctive entre l'action de regarder une
image et celle d'en saisir le sens.
Pour cette première exposition monographique de Troy Brauntuch
en France, le Magasin présente
une sélection de pièces de périodes, de séries
et de techniques différentes, depuis la fin des années
70 jusqu'à aujourd'hui, de façon à donner à lire à la
fois l'évolution et la cohérence de l'oeuvre.
Catalogue de l'exposition : 144 pages, environ 100 ill., textes bilingues
de Johanna Burton, Douglas
Eklund (à confirmer), Yves Aupetitallot, 27 x 28,5 cm, hardcover.
Parution: été 2007 Latifa
Echakhch
Latifa
Echakhch, (née en 1974 à El
Khnansa, Maroc vit et travaille à Paris et Zürich)
se distingue depuis
plusieurs années parmi les artistes de la jeune scène
française.
L'année dernière, dans le catalogue de son exposition "Wherever
We Go/Art, Identity, Culture in Transit" Hou Hanrou résumait en quelques phrases les caractères
essentiels de son travail :"
C'est avec une sensibilité subtile et paisible que Latifa
Echakhch développe ses projets artistiques et
intellectuels, qui évoquent un engagement fort avec la réalité du
post-colonialisme et de la
mondialisation. Elle analyse des évènements sociopolitiques
et des climats géopolitiques par des
angles singuliers et radicalement personnels, en transformant le
moindre objet, image ou situation
banale en un véritable sujet de débat socioculturel.
Son approche des enjeux majeurs est souvent
discrète et précise, maintenant une distance et un
espace nécessaires à un examen critique. Dans le
jeu entre le visible et l'invisible, le plein et le vide, elle
tisse un lien inséparable entre l'art et la réalité.
L'intérêt de son travail fait d'elle l'une des plus
prometteuses figures de la nouvelle génération d'artistes
en France et en Europe aujourd'hui".
A Grenoble, Latifa Echakhch investira la « Rue » du
Magasin pour trois mois avec un projet original
conçu in situ.
Quelques repères :
Expositions personnelles
2007 - Interface, Dijon ; 2006 - Promesse, Ecole des Beaux Arts,
Valence ; 2005 - Désert, Show Room,
Paris ; 2004 - Call Box, La Box, Bourges ; 2002 - Words don't come
easy to me, Espace Premier
Regard, Paris
expositions collectives (sélection)
2007 - Global Feminism, Brooklyn Museum, New York - Not Only Possible,
But Also Necessary-
Optimism in the age of global war, Istanbul Biennial, Istambul -
Wherever we go, San Francisco,
Insitute of art, San Francisco ; 2005 - Formen der Organisation,
Kunstraum der Universität, Lüneburg… |