François Morellet propose au Musée
d’Art moderne de la Ville de Paris un projet d’exposition
inédit, posant la question de l’agrandissement et de
la reprise d’œuvres antérieures.
Exposition du 20 juin au 16 septembre 2007
A la manière d’un jeu, l’artiste s’est
donné comme règle de réunir onze peintures abstraites
de petits formats qu’il a réalisées en 1952 et
de les présenter cinquante cinq ans après, en 2007,
avec leurs répliques agrandies, aux dimensions multipliées
par quatre.
Jeune artiste, né en 1926, encore en retrait de la scène
artistique française, François Morellet inaugure avec
discrétion en 1952 les principes fondateurs de sa peinture.
Regardant l’abstraction de Mondrian, l’art concret de
Max Bill, ainsi que les tapa océaniens et la peinture sur écorce
des aborigènes australiens présentés au Musée
de l’Homme, François Morellet affirme les sources multiples
des recherches picturales radicales qu’il mène à l’époque.
Souhaitant limiter au minimum sa subjectivité et sa sensibilité,
l’artiste s’impose la rigueur d’un système
simple et impersonnel défini par des lignes régulières,
la répétition et la répartition uniforme des
motifs géométriques susceptibles de s’étendre
sur le mur, hors des limites du tableau (all-over).
L’artiste a toujours conçu ces petits tableaux de format
allongé, qu’il qualifie aujourd’hui de « minimalistes »,
pour entourer et envelopper le spectateur. Mais, souffrant à l’époque « d’un
manque de place et d’audace », il s’en tient à des
dimensions modestes. En 2007, il instaure un nouveau système,
celui de l’agrandissement de ces tableaux (Blow-up), les reproduisant
le plus exactement possible et multipliant toujours par quatre leur
format. Les petits tableaux devenus grands prennent aujourd’hui
un sens tout à fait différent, s’inscrivant dans
la tradition de la peinture monumentale et minimaliste qu’ils
avaient pourtant précédée.
Etablissant une filiation directe entre ses travaux originels et
ses œuvres récentes, « Quand j’étais
petit je ne faisais pas grand », il met en évidence
une temporalité contractée de son parcours artistique,
sorte de micro rétrospective en boucle. Cet exercice « excitant,
dérisoire et périlleux » comme il le définit,
est aussi un geste provocateur, « une farce, une comédie » rejoignant
l’esprit Dada de Duchamp et de Picabia.
L’artiste a choisi d’inclure dans ce projet 3 doubles
trames 0°-30°-60°, de 1975, œuvre faisant partie
des collections du Musée d’Art moderne de la Ville de
Paris.
La mise en espace de l’exposition de François Morellet
a été confiée à Didier Fiuza-Faustino
et le Bureau de Mésarchitectures.
Un catalogue édité en partenariat avec la Société des
Amis du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris accompagne
l’exposition.
Directeur : Fabrice Hergott
Commissariat : Marie-Sophie Carron de la Carrière
Coordination : Jessica Castex
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