Patrice Carré, artiste nomade, développe
son œuvre au gré de ses pérégrinations
et crée un lien étroit avec les lieux de ses expositions.
Son univers artistique, articulé autour de manipulations et
de constructions, se compose notamment d’installations et de
photographies réalisées à partir d’éléments
domestiques du quotidien. Chaque mise en scène suggère
des interactions sonores potentielles. Patrice Carré opère
ainsi une synthèse entre art visuel et art sonore. Ses références
sont multiples, puisées tant dans une imagerie populaire comme
la bande dessinée, et plus particulièrement celle d’Hergé,
que dans le domaine de la création musicale contemporaine.
Pivot de l’exposition, au centre de l’espace trône
une soucoupe volante faisant référence à la
célèbre BD d’Hergé Vol 714 pour Sydney.
Elle est accompagnée d’une série d’images
de hauts-parleurs flottants dans l’espace, véritables
photographies sonores qui viennent en prolongement logique de la
pièce Sons, groupe d’enceintes acoustiques colorées
posées au sol et qui diffusent des sons "percussifs" et "sifflotants".
Ses sculptures sonores s’inscrivent dans les réflexions
menées avant lui par des artistes tel que Merce Cunningham,
John Cage, Jasper Johns ou plus récemment par Rolf Julius
sur les relations entre arts plastiques et sonorités. Pour
lui, ses installations sonores "correspondent à un état
de perception" où la matière sonore est "une
sorte de matière plastique transparente". Il sculpte
les sons comme il moule la résine ou le plâtre.
La photographie permet selon lui
une perte d’échelle
mais également une mise à distance qui donne l’occasion
au spectateur de s’interroger sur le fonctionnement des éléments
constitutifs de ses oeuvres. Il propose un univers coloré et
sonore où chacun est invité à une perception
multiple et à s’investir dans une reconstruction mentale.
L’artiste clôt l’exposition avec trois grandes
photographies que les "tintinophiles" reconnaîtront.
Patrice Carré a développé tout un projet autour
d’albums d’Hergé (Les Bijoux de la Castafiore
ou Le Secret de la Licorne) qui ont donné lieu à des
installations sonores et à des photographies. Pour reconstituer
certaines scènes au plus près des images d’Hergé,
il a fait appel à des figurants bénévoles, déplaçant
ainsi les niveaux de réalité. Avec humour il s’est
réapproprié les décors et les personnages de
la BD, pour les mettre en scène. Dans son travail il utilise
Hergé comme source plus ou moins distanciée, car elle
est pour lui signe de modernité. "Il y a pour moi quelque
chose d’important dans le terme de ligne claire, qui rend la
perception efficace" Patrice Carré.
|