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Adel Abdessemed
Practice Zero Tolerance

Expositions > Arts Plastiques
du 30 juin au 27 août 2006

Adel Abdessemed
Zero tolerance, 2006
Photographie couleur
Courtesy l’artiste et galerie Kamel Mennour, Paris
 

Vernissage le 30 juin 2006 à partir de 18h30

Mouvement incessant de la pensée
Vigilance permanente aux monstres totalitaires
Intransigeante intégrité
Obsession du sens
Frontalité
Friction
Sauvage
Concept
Déclaration d’…
Practice Zero Tolerance : les sculptures, vidéos et photographies de l’artiste Adel Abdessemed constituent un énoncé performatif direct comme un coup de poing : des images en actes et non des histoires en images. Ou comment ramener le pouvoir de l’image à la sensation et l’élever à la critique du monde.
Pier Paolo Pasolini déclarait en 1974 que la tolérance promue comme valeur dominante de la bourgeoisie était en fait une des formes de répression les plus terribles que l’humanité ait connue. Affirmation a priori déroutante mais qui avait le mérite de dénoncer le pouvoir de la société de consommation à niveler les valeurs et le désir.
D’autre part, la tolérance est de l’ordre de l’acceptation partielle du monde. Bien qu’elle prétend se soustraire au jugement, la tolérance conduit toujours à nommer l’autre selon une norme, c’est-à-dire sans jamais le reconnaître en tant que personne à part entière. De fait, elle génère la compassion et la compromission, la censure et la soumission, au lieu d’une prise de risque pleine et entière à l’accueil et à la rencontre.
A l’heure où la communication se codifie à l’extrême jusqu’à se substituer à l’échange humain et à la circulation des idées, l’affirmation pasolinienne est d’une actualité toujours brûlante, quoi qu’on en dise…
7 frères : une photographie réalisée dans une parcelle de rue à Paris que l’artiste désigne comme son espace de travail. Une meute de sangliers a été lâchée dans la ville. Sur la photographie, six sangliers sont dénombrés, le septième est hors-champ… L’artiste ? Le spectateur ? La force de l’image tient dans cette captation frontale, rabaissée vers le sol, les yeux dans les yeux, prête à accueillir une masse d’énergie. Une tentation évidente serait d’associer la représentation de ces animaux sauvages à l’actualité des manifestations et violences de rue. Mais pour qui se laisse aller à l’image, le regard se tient ailleurs. L’animalité est ce qui nous constitue fondamentalement y compris dans notre rapport à l’urbanité ou à un espace collectif de vie : être au ras du sol, percevoir autrement l’espace, aiguiser les sens, se rassembler ou se diviser.

Pluie noire : 51 forets sculptés en marbre noir selon différentes hauteurs, s’érigent à la verticale du sol en une forêt de pointes menaçantes. Le marbre noir, lisse et mat, confère à l’oeuvre deux qualités paradoxales, celle d’une sensualité tactile et celle d’une froideur menaçante, comme si une forme érotique s’engendrait à une forme guerrière. Pluie noire donne à ressentir des enjeux de relation profondément humains : construction du sujet dans son rapport de pouvoir à l’autre, participation de l’individu à la collectivité, absorption de la collectivité dans un processus de massification idéologique…
Pluie noire autorise également des sauts qualitatifs inhabituels dans l’histoire de l’art : des drapés incarnés des sculptures du Bernin aux modules géométriques minimalistes des années 1960, des colonnes antiques à la Kaaba, du cube noir de Tony Smith aux objets désagréables de Giacometti…
« Zero tolerance » est en fait un « mot d’ordre » : depuis 2002, il ne cesse d’être exploité par les administrations américaines et françaises pour justifier l’usage de la force militaire, policière ou tout simplement comme outil de propagande, au risque des droits fondamentaux de l’homme. C’est ainsi Donald Rumsfeld qui ouvrit les hostilités en promettant une guerre éclair en Irak par une tolérance zéro à l’égard de l’ennemi. « Zero Tolerance » eut alors un impact médiatique sans précédent et Nicolas Sarkozy ne tarda pas à le récupérer à l’encontre des violences urbaines, de la
délinquance routière ou encore des populations immigrées. Au-delà de son pouvoir de propagande, ce mot d’ordre a un pouvoir effectif sur la vie des êtres humains. Rappelons simplement la manière dont l’armée américaine outrepasse le respect des droits de l’homme par des actes de torture et d’humiliation sur les prisonniers en Irak ou dans le camp de Guantanamo. Quant aux provocations verbales du Ministre français de l’Intérieur prônant un « nettoyage au karcher » d’une certaine « vermine » ou catégorie de population, elles n’ont rien de dérapages verbaux puisqu’elles
aboutissent aujourd’hui à de véritables lois discriminatoires sur l’immigration. Practice Zero Tolerance : une voiture accidentée a été moulée en argile et cuite dans un fourà gaz. La cuisson a été poussée à son maximum jusqu’à noircir et carboniser le moulage. L’oeuvre ainsi exposée rabat une mécanique de l’humanité sur une matérialité brute. Practice

Zero Tolerance
est tout autant une masse, un parallélépipède déformé, un poids, une (non) couleur, une métaphore du corps humain… La cuisson au four à gaz a pour qualité de donner une texture particulière à la sculpture. Dans le même temps, ce mode de cuisson par gazage résonne lourdement dans notre mémoire collective… Practice Zero Tolerance opère alors comme une masse de sens, autant dans sa dimension somatique que sémantique. Un poids de l’humanité dont on ne peut se défaire et qui mérite d’être affronté sans détours.
Sphère est un anneau en acier d’un diamètre de 172 cm, ce qui correspond à la taille moyenne d’un corps humain. L’anneau est réalisé avec des barbelés exclusivement utilisés pour la défense militaire des frontières ou dans les camps de concentration. Ces barbelés ont la particularité d’être ponctués de doubles lames tranchantes et pointes aiguisées.
Forme abstraite et esthétique du cercle, Sphère déplace le concept de frontière dans des rapports de frictions troubles et antinomiques : séduction esthétique de la forme parfaite et usage inquiétant de cette forme au service de la perfection totalitaire, distorsion d’échelle allant du globe terrestre au corps humain, marquage et défense des territoires au prix de la découpe du corps transfuge, le cercle vu comme enfermement ou au contraire appréhendé en tant qu’ouverture, passage, espace de transition.

L’acte d’art : geste fondamental au plus près de la sensation et de la pensée critique. Là est la véritable subversion. L’oeuvre n’est jamais bavarde. Elle se tient là, toujours brute, énigmatique, déroutante dans sa forme et dans ses ouvertures de sens. L’artiste refuse la critique narrative ou militante sur tel ou tel événement de la réalité. Ses oeuvres sont toutes des énoncés performatifs qui privilégient l’acte de mémoire, de subversion et de résistance à toute forme d’oppression et de prétention à la vérité autoritaire.
Schnell : Adel Abdessemed a lâché sa caméra vidéo d’un avion en vol à 700 mètres au-dessus de la ville de Berlin. 11 secondes d’images vertigineuses où les premières vues aériennes de la ville s’effondrent en un tourbillon de ciel et de terre. Paradoxalement, ce qui pourrait être vu comme la métaphore d’un acte suicidaire dans cette chute de caméra, fonctionne exactement à son opposé.
Elle est un soulèvement du vivant et d’énergies. L’oeuvre est aussi très éloignée de la représentation du corps ou d’un ego d’artiste opérant ce fameux « saut dans le vide ». Pour le dire autrement, Schnell est un acte d’abandon du regard, ou comment lâcher prise avec tout ce qui nous encombre la vue pour simplement… voir ailleurs. Ces encombrements peuvent être multiples selon qu’il s’agisse des tentatives de rattacher trop rapidement la lecture d’une image à une réalité donnée, ou encore d’identifier l’oeuvre au regard d’une lecture trop étroite de l’histoire de l’art.
Schnell ou comment s’aveugler le regard pour voir l’acte et la pensée à l’oeuvre.

Larys Frogier

 

Adresse :

la criée centre d'art contemporain
place Honoré Commeurec_35000 Rennes_France

 
Site Internet :

http://www.criee.org

 
 
 
 
 
 
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