Créé en
2005, pour la Biennale d’Art Contemporain
de Lyon et à l’occasion de l’Art sur la Place,
PINK BUS TIME, le bus transformé par Daniel Tillier, est un projet atypique et collectif.
Une centaine de personnes environ du Nord Isère ont
travaillé à la “customisation” de cet autobus
réformé, autour de la thématique de l’expérience
de la durée.
Ce sont les portraits photographiques des passagers de ce bus improbable
que Daniel Tillier nous propose de découvrir
aujourd’hui dans une installation conçue spécialement
pour L’attrape-couleurs. Ce sera également l’occasion
de (re)voir la vidéo, réalisée sous
sa direction, mixant images d’ici et d’ailleurs, prises
par les participants dans un montage sans début, ni fin, comme une métaphore du temps...
[…] Le processus, l’inachevé, le partage. L’Art
sur la Place est tout entier traversé par ces trois variables.
Le partage : comme on le sait, l’Art sur la Place pose par
principe la création partagée. […] Le partage
consiste à incarner en UNE forme un ensemble de
sensibilités hétérogènes
rassemblées sur le principe de la convergence et du bénévolat.
Le processus : le processus compte plus que le résultat semble
nous dire John Cage. […]
L’inachevé : dans l’intimité de l’atelier,
l’oeuvre, qu’elle soit une peinture, une installation
ou une sculpture, a pour elle l’éternité. L’Art sur la Place est au contraire
une opération à temps contraint...
Thierry Raspail, Directeur artistique de la Biennale d’Art
Contemporain de Lyon, édito du catalogue L’Art sur la
Place 2005.
[…] La plupart des artistes ont privilégié un
travail de valorisation de la parole et des actes. Cette valorisation,
avec Daniel Tillier, est passée par la photographie,
l’image
agissant alors comme un révélateur des capacités
des participants. En raison de la proximité quotidienne
et des compétences qu’il a dû parfois “inventer”,
Daniel tillier a rapproché son rôle de celui du metteur en scène.
Il s’agissait, à partir des différences, d’imaginer
des articulations et des
actions visant non seulement à stimuler les participants sur
la durée, mais aussi à conserver le cap du projet lui-même.
C’est dans la constitution d’un dispositif relationnel
que l’artiste a réduit la complexité des pratiques
techniques, a synthétisé, a concrétisé la diversité des
propositions afin de naturaliser un processus en objet.
Sylvie Lagnier, docteur en histoire de l’art, extrait du texte “De
l’hybride au légitime ou les enjeux publics de l’art”,
op. cité.
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