L’artiste américain d’origine irlandaise Daniel
Clarke réalisera spécialement pour cette exposition
de grandes toiles, des dessins en technique mixte et des sculptures
Cet ensemble nous permet de découvrir l’expérience
de l’artiste, immigré irlandais de la deuxième
génération. « Cet ensemble d’œuvres
reflète ce que signifie pour moi l’enfance en tant que
concept qu’il s’agisse d’un mythe ou d’une
réalité. »
Clarke utilise un grand nombre de techniques – l’huile,
l’acrylique, le pastel, l’aquarelle, le fusain, avec
parfois l’incrustation d’objets, comme des pierres semi-précieuses,
des paillettes…Il s’avère aussi un excellent graveur,
et il produit depuis peu des sculptures en bois. Les sujets sont
essentiellement autobiographiques, à l’occasion végétaux.
Mais en grande partie, les tableaux, qui prennent pour point de départ
des documents photographiques, montrent les jeunes enfants et la
femme de l’artiste calmement occupés à des activités
estivales, que ce soit à la plage, dans un jardin, au bord
d’une piscine. Les toiles forment un ensemble : de fait, l’artiste
les compare à une prédelle moderne, où des œuvres
de plus petite taille complètent et « provoquent » des œuvres
plus grandes. Par la richesse de leur imagerie figurative et leur
absence de narration, elles fonctionnent comme des collages de mémoire
ou des poèmes en prose. Des dessins en technique mixte et
des sculptures d’enfants – en bois d’olivier et à taille
réelle saisie de manière directe dans la matière-
viennent parachever l’exposition
Daniel Clarke saisit,
avec une grande tendresse pour ses sujets, des instants privilégiés, solaires, heureux. Le bonheur,
cet idéal après lequel nous courons tous sans jamais
estimer, en éternels insatisfaits, l’avoir atteint,
eh bien ce bonheur est un sujet paradoxalement peu représenté par
les artistes. Clarke en a fait la matière de son œuvre.
Il explore les références à la fois conscientes
et inconscientes de cette notion, en cherchant à identifier
les racines de la nostalgie que l’on peut ressentir face à ses
origines et à son enfance. L’artiste passe ainsi en
revue des fragments visuels de l’enfance, hérités
de parents et grands-parents. Ici, cependant, dans ce roman familial,
tout peut basculer en un instant. En dépit de leur aspect
tranquille, protégé, les tableaux de Daniel Clarke
ne sont pas paradisiaques, et leur bonheur n’est pas mièvre.
Sensation latente d’un bonheur fragile et fugace où si
le temps semble s’être arrêté, l’artiste
nous rappelle que l’éternité n’existe
pas
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