…..la véritable tradition dans les
grandes choses n’est pas de refaire ce que les autres ont fait,
mais de retrouver l’esprit qui a fait ces grandes choses et
en fera en d’autres temps…., cette réflexion de
Paul Valery sur le sens du patrimoine dans notre société contemporaine
marque l’idée de l’exposition 2006 à la
Chartreuse de Valbonne.
Les
deux artistes invités, Fred de Fred, plasticien sonore
et Phil Wolstenholme photographe ont souhaité mener une réflexion
sur l’esprit du lieu et de sa nécessité.
Un travail qui pose la question de (re) donner, restituer du sens
au monument. Le monument (et à travers cette notion la Chartreuse)
est un des relais séculaires de la transmission du savoir.
Introduire l’art de notre temps au coeur du monument c’est
réactiver ce relais, c’est redonner un rôle actif
au monument, c’est à nouveau le mettre en scène
dans son temps. Un monument a fortiori historique a toujours bénéficié des
apports modernes des différents moments, époques qu’il
a traversés (extension architecturale, intervention sur
des éléments décoratifs etc……).
Par leur travail, Fred de Fred et Phil Wolstenholme rappellent que
le monument est une combinaison d’influences, de sensibilités
artistiques. En proposant des créations sonores, hologrammes,
images fractales, projection en 3D du monument sur le monument, ces
deux artistes nous rappellent que le monument est un espace de liens
tissées entre les époques, un espace d’interpellation
sur notre temps, un espace de visibilité de la création
d’aujourd’hui. Ils nous invitent à regarder l’histoire,
le passé avec une attitude résolument contemporaine.
Ils nous proposent de nous inscrire aussi dans ce temps de l’Histoire.
Ils nous interrogent sur l’importance de marquer notre temps
au cœur des monuments de notre histoire.
Cette
exposition envisagée avec les dernières technologies
de traitement des images et de diffusions sonores est une plongée
dans un monde dans lequel le passé et présent sont
une même articulation. En intervenant au cœur de ce monument
emblématique, Fred de Fred et Phil Wolstenholme suggèrent
une pensée de Caylus (17ième siècle) « l’art
contribue par ses moyens propres à transmettre l’esprit
des peuples et des civilisations ».
Définitivement actuelle, cette exposition ne joue pas les
provocations d’une création contemporaine que seul l’initié peut
comprendre au contraire elle révèle l’importance
de rencontrer le nouveau dans le respect de ce qui a été et
pourquoi cela a été. C’est probablement dans
le respect que le nouveau peut le mieux se manifester.
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