Dans Beaux-Arts Magazine de mai
08, Nicolas Bourriaud rêvait d’une sorte de Checkpoint Charlie artistique,
c’est-à-dire d’un passage négocié entre
deux mondes en voie d’auto-caricature, d’une part celui
des foires et du marché qui poussent à la spectacularisation
des oeuvres et à leur rotation rapide, d’autre part
celui des lieux alternatifs et de la plupart des biennales qui se
radicalisent en optant pour une austérité vertueuse.
Un passage qui réunirait l’ambition artistique et la
pensée, la démesure et la rigueur. Dans artpress2 d’août
06, après avoir esquissé un portrait de Berlin comme
ville permettant aux artistes de poursuivre une production qui ne
soit pas totalement orientée vers le marché et ses
attentes, Thibaut de Ruyter évoquait cet effet « poudre
de berlinpinpin » qui fait que quantité d’artistes
internationaux, connus ou en quête de reconnaissance, choisissent
d’être basés à Berlin parce qu’on
dit que ça rend plus attractif aux yeux du marché international.
Une chose est sûre : dans le champ de l’art contemporain,
Berlin est bel et bien devenue une checkpoint cité, un point
rencontre, un lieu de rendez-vous voire de résidence prisé par
les artistes du monde entier. Les vidéos présentées
dans le cadre de l’exposition Checkpoint Berlin (en partenariat
avec le Video-Forum du Neuer Berliner Kunstverein) ne revendiquent
pas l’appellation d’origine made in berlin, mais elles
sont signées par des artistes qui ont choisi de vivre et travailler à Berlin… ou
entre Berlin et d’autres checkpoint cités comme Paris,
Londres ou New-York.
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