Pour sa cinquième édition, en Résonance – rencontre
singulière entre une oeuvre d'art contemporain et le patrimoine
ancien – se situe à nouveau, en 2008, sous le signe
de la sculpture avec Mathias Le Royer
• sculptures dans les chapelles
•
sculptures, photographies et dessins dans la salle de la mairie de
Saint-Fréjoux
Chaque été,
depuis cinq ans, dans le cadre de l’ADCU
(Association de Développement des Cantons d’Ussel) est
proposé un parcours qui relie paysage et patrimoine bâti
et conduit le visiteur à la rencontre d’œuvres
contemporaines qui s’accordent à chaque espace riche
d’oeuvres anciennes. Lieux inhabituels pour exposer des œuvres
actuelles issues de la collection du Frac Limousin, appréciés
pour le tourisme culturel, églises, chapelles et salle de
la mairie de Saint-Fréjoux sont ouvertes au public trois après-midi
par semaine et créent une animation dans les bourgs et les
villages…
Mathias Le Royer
•
Né en 1968 à Alençon
•
Vit et travaille à Limoges
À considérer l’ensemble des sculptures présenté,
on perçoit cette même quête de la reconstitution
de fragments de paysages. Les échelles vont de la maquette à l’objet
urbain, c’est à dire à l’échelle
1 de la ville. Les matériaux sont choisis pour leur légèreté,
leur couleur et leur lumière. La mise en oeuvre est souvent
lente, minutieuse et précise, tout en gestes répétés
; on pense à des procédés de sédimentation.
Toutes les oeuvres, issues de manipulations, tendent également
vers des formes imagées, souvent schématiques, qui
maintiennent le regard en équilibre, entre abstraction et
signe identifiable. Toutes s’étalent, prennent appui
ou lévitent sur le sol. L’artiste nous encourage à bien
regarder, à guetter les détails sous nos pas et à reconsidérer
avec attention notre environnement de tous les jours. À qui
sait prendre le temps de dériver et de s’arrêter,
le quotidien banal pourrait encore réserver bien des surprises.
Le bloc de photographies présenté dans la salle de
la mairie de Saint-Fréjoux a été réalisé depuis
2004 à Limoges. Il montre certains détails citadins,
après que l’artiste y ait apporté de légères
modifications. Les formes et l’organisation du mobilier urbain,
notamment, mais aussi certaines signalétiques de la ville
apparaissent comme des « compositions trouvées » que
l’artiste prolonge, complète, cache partiellement, re-rythme,
et qu’il enregistre selon des cadrages photographiques précis.
La ville apparaît comme un vaste terrain de jeu, dans la tradition
de la dérive baudelairienne ou psychogéographique,
après Debord et les Situationnistes, mais ce n’est,
pour l’artiste, qu’un atelier de sculpture. De ces expériences
urbaines éphémères, Mathias Le Royer gardera
en tête des projets de sculptures qu’il mettra en oeuvre
un peu plus tard (Zébras et Anneau et socle en 2007). |