Dans l'oeuvre de Dall'Anese, l'espace
sculpte le temps, la matière impassible s'ouvre à la mémoire
vibrante de l'homme, à la fragilité de sa chair. Contempler
une de ces sculptures, c'est vivre, dans la fulgurance de l'instant,
la fusion du sujet et de l'objet, du passé et du futur, de
l'homme et du monde à jamais présents l'un à l'autre.
Au regard qui les embrasse, dans l'élan de la découverte,
ces oeuvres nous propulsent dans un jaillissement créateur.
Stèles, portes, colonnes ou chapiteaux ; cercles, disques ou
croissants ces structures érigées, ces formes accomplies
nous disent l'expansion infinie du devenir humain. Au coeur de ces
réalisations, des pièces de fer forgé, de laiton
oxydé, de bronze martelé ; venus d'un temps immémorial,
du temps des origines, ce sont éclats de notre grande mémoire
collective et rien, jamais, n'entamera leur belle éternité mythique.
Eternité de
l'éphémère, force de la fragilité,
noblesse de l'usure, les sculptures de Jean-Pierre Dall'Anese nous
font l'offrande de ce que le poète René Char nomme
forme accomplie de l'art la matière-émotion »
Joelle PAGES-PINDON |