Après Georges Rousse en 2006, le musée
Réattu, dont les collections et la programmation se fondent
sur le croisement des disciplines et le dialogue avec les lieux,
a invité l’artiste allemand Dieter Appelt à travailler
en résonance avec l’esprit du bâtiment et de son
paysage.
Son œuvre figure parmi les plus énigmatiques de la deuxième
moitié du XXème siècle. Chanteur d’opéra,
dessinateur, photographe, cinéaste et sculpteur, Dieter Appelt
propose depuis plus de 40 ans des images sidérantes, situées
dans un entre-deux de l’espace et du temps, nées d’une
profonde réflexion sur l’être au monde.
Après les grandes rétrospectives des années
90 à l’Art Institute de Chicago, au musée Guggenheim
de New York et à Berlin, ainsi qu’une exposition en
2006 à la Maison Rouge à Paris, Dieter Appelt revient à Arles,
25 ans après l’invitation de Michel Tournier pour les
Rencontres d’Arles de 1981.
Le terme Ramifications , choisi par l’artiste comme titre pour
l’exposition d’Arles, synthétise l’ensemble
de ses recherches et désigne aussi bien le dialogue incessant
des œuvres entre elles que le processus de création et
de fabrication de l’image. Pour Dieter Appelt, ses photographies
sont comme des sculptures, construites par la superposition de plusieurs
couches de lumière. Travaillant par séries ou séquences,
faisant converger musique, cinéma et photographie, son œuvre
concentre le temps en poussées et fait tourner, circuler,
disparaître et rejaillir l’instant comme un temps qui
serait chaque fois, dans des espaces décalés, à donner
et à prendre différemment : un travail de disparition,
stratification, condensation de la mémoire et des éléments,
où persiste toujours de manière palpable la présence
de la matière et de la vie. Dieter Appelt fait ainsi de chaque œuvre
une réelle expérience sensitive, nous renvoyant en
nous-mêmes comme en un lieu fondamental, propice à la
méditation. L’exposition Ramifications réunit
des œuvres inédites -tableaux photographiques, films
et sculptures- présentées en regard d’œuvres
emblématiques plus anciennes, comme les séries Monte
Isola (1976) ou La tache que laisse le souffle sur le miroir (1977/2005).
Sensible à la singulière présence du Rhône
dans la vie du Musée, Dieter Appelt propose, dans un tête-à-tête
méditatif avec le fleuve, une nouvelle version du tableau
photographique Le champ (1991), images arrêtées d’un
flux aquatique toujours mouvant.
Il y montre également pour la première fois la toute
nouvelle sculpture Lentille dorée, autour de laquelle se construit
son prochain film, en écho à La mer de glaces peinte
en 1823 par l’artiste romantique allemand Caspar David Friedrich.
(Goldene Linse, 2007, 90x90x30cm)
En France, à part le livre de Michel Tournier (Morts et résurrections
de Dieter Appelt, 1981) et le Photo Poche comportant un texte de
Michel Frizot récemment réédité, il n’existe
aucune importante monographie de son œuvre.
L’exposition Dieter Appelt –Ramifications au musée
Réattu permet la publication chez Actes Sud d’un ouvrage
conséquent, assorti dune iconographie allant au-delà de
l’exposition, et accompagné d’un texte de Hubertus
von Amelunxen, écrivain, théoricien et recteur de l’Ecole
Européenne Supérieure de l’Image (Angoulême/Poitiers).
Commissariat : Michèle Moutashar, Directrice du musée
Réattu
Avec la collaboration de la Galerie Françoise Paviot à Paris
Catalogue Ramifications , Actes Sud/Musée Réattu :
160 pages, 49 euros
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