Elodie
Antoine, Isabel Baraona, Anthony Berthaud, Marcel Broodthaers,
Marco Dessardo, David Clément, Jacques
Dujardin, Benoit Félix, Félix Hannaert, Jacques Lennep,
François Liénard, Marcel Mariën, Jean-Georges
Massart, Mikko Paakkola, Jean-Marie Stroobants, Camiel Van Breedam,
Johan Van Geluwe et le collectif Les Arts Chimistes.
Bruxelles, ma ville, un 21 juillet, jour de fête nationale.
Un jour férié. Un jour de repos prescrit par la loi.
Comme un dimanche chômé pour tous selon
la loi du 18 germinal an X.
Je déteste les jours fériés,
je ne suis pas en empathie avec le 7e jour de la semaine.
Je vis pour la cinquante troisième fois le 21 juillet à Bruxelles.
Je m’y suis toujours emmerdé. Rien pour nourrir mes
yeux. Sauf des drapeaux accrochés aux balcons et aux fenêtres
des maisons. Des drapeaux noirjaunerouge avec pour devise « L’union
fait la force ». Moi j’ai toujours refusé de bâtir
mon identité et de m’unifier dans la force. Cela a pour
conséquence que je me sens dans ce pays comme une valise à l’aéroport
dont personne ne vient réclamer la propriété.
En outre, plastiquement j’aurais préféré un
drapeau arc-en-ciel, les couleurs y sont bien plus subtiles. Mais
chez nous le ciel est rare, il a la plupart du temps la couleur de
la mer du nord. Tout au bout il n’y a pas d’horizon ;
il y a une absence fondamentale de présence. Vivant dans un
pays où ceux qui savent ne le font pas savoir, j’ai
décidé d’inviter une quinzaine de plasticiens
qui en plus de nous offrir de nouvelles œuvres nous font part
de leurs réflexions citoyennes. Lisons ce qu’ils écrivent
et défilons, ce 21 juillet 2006, jusqu’à l’Office
d’Art Contemporain rue de Laeken.
Jean-Marie Stroobants
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