Laurent Pariente développe depuis la fin
des années 1980 une œuvre qui convoque à la fois
la peinture, la sculpture et l’architecture, de ses premières
plaques de zinc gravées qui ont inauguré la relation
de l’artiste au mur, jusqu’aux structures recouvertes
de craie qu’il élabore aujourd’hui. Ses constructions éphémères
sont bâties à la mesure du lieu qui les accueille et
ne peuvent s’appréhender dans leur globalité.
Faites de parois hautes, ouvertes de passages, ces structures prolifèrent
dans l’espace, le cloisonnent et sollicitent à travers
leur dispositif une prise de conscience du lieu.
A l’occasion de sa première exposition dans un musée
parisien, Laurent Pariente présente un ensemble d’œuvres
inédites: une construction, un choix de plaques de métal
gravées, des autoportraits gravés sur aluminium ou
exécutés sur papier à la mine de plomb.
La construction créée pour le musée occupe
les quatre salles en enfilade des anciens ateliers situés
au cœur des bâtiments. A partir d’un module géométrique
simple qu’elle reproduit, juxtapose jusqu’aux limites
du lieu qui la circonscrit, cette construction s’ordonne en
un réseau oblique de cellules, de passages, de couloirs où alternent
plafonds et puits de jour. Des portraits, bustes et des masques de
Bourdelle viennent ponctuer un itinéraire à inventer.
Le visiteur désorienté s’expose au choix réitéré des
seuils à franchir, s’immerge dans la blancheur qu’anime
la lumière jouant sur le velouté des parois de craie.
Un ensemble de plaques de métal (aluminium, laiton, cuivre)
de format imposant, gravées à la pointe sèche
est présenté dans les salles jouxtant le hall des plâtres.
Inscrites dans la continuité des séries précédentes
ces plaques s’en distinguent par leurs vernis de diverses couleurs.
Lieu premier de surgissement de la lumière, elles en demeurent
le terrain d’expérimentation.
De conception récente, les Autoportraits sur aluminium verni
associent la technique utilisée pour les plaques de métal
au tracé des Autoportraits exécutés à la
mine de plomb. Dans ces Autoportraits - présents dans l’œuvre
de Pariente depuis ses débuts - des entrelacs montrent ou
laissent deviner en filigrane la trace du visage.
:: Commissaire
Juliette Laffon
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