Durant cet été, le Fonds régional
d’art contemporain des Pays de la Loire accueillera une exposition
de l’artiste écossais Martin Boyce, sa première
exposition personnelle à ce jour en France.
Martin Boyce se plaît à sonder notre rapport à la
ville à partir d’un vocabulaire plastique puisant dans
le langage visuel de l’architecture, du cinéma et du
graphisme. L’artiste écossais s’est d’abord
intéressé à des formes particulières
de l’histoire du design moderne du milieu des années
cinquante, en les détournant à la manière de
motifs. Se réappropriant des pièces de Charles et Ray
Eames, il reprit notamment aussi les chaises d’Arne Jacobsen
pour en constituer un mobile, ultime hommage à Calder.
Procédant d’une réflexion plus générale
autour du territoire urbain, le questionnement de l’artiste
s’est élargi progressivement à la mise en scène
de l’idée d’un espace à la localisation
incertaine. Marques de l’environnement domestique, les éléments
de mobilier tels que les cendriers, les bancs, les lits qu’il
déplace hors de leur contexte, organisent dans ses expositions
un balancement entre sphère intime et publique, extérieur
et intérieur.
Les installations de Martin Boyce
génèrent ainsi des
récits et des temps que peut habiter le spectateur dans leurs
autonomies propres. Véritables utopies sensitives, endroits
transitionnels, les productions de l’artiste agencent des paysages
aux atmosphères anonymes et synthétiques, réminiscences
de musique cold wave. Associations de fragments, de survivances fantômes,
les installations de Martin Boyce développent tout un réseau
de signes et de codes qui balisent l’ensemble du travail de
l’écossais ; des mots, des objets iconiques structurent
et suggèrent ces glissements entre ces espaces intermédiaires.
On y retrouve dès lors régulièrement des éléments
récurrents tels que le grillage faisant référence
aux parcs et aux squares, les grilles de ventilation, les tubes de
néons fluorescents, wall paintings rappelant les reflets d’immeubles
de verre… Les supports à des ballades, à des
circulations d’un nouveau type. Sur le mode de la rêverie
mélancolique, ils élaborent une fiction ouverte reposant
sur des données physiques, psychologiques et émotionnelles.
A la croisée entre mythologies culturelles et sociales, les
installations de Martin Boyce renvoient et interrogent notre place
au sein de l’univers contemporain.
Une expérience cinématique et poétique de l’exposition
comme autant de possibilités d’existence. |