Dans sa globalité, l'exposition "Something
vs. Heraclitus" est composée d'éléments
divers qui sont liés tant philosophiquement que physiquement.
Ce projet se concentre sur les découvertes scientifiques importantes
qui ont joué un rôle déterminant dans l'avancée
de l'humanité. La capacité de créer et de détruire étant
omniprésente dans ce processus. Nous pouvons imaginer l'étonnement
de nos ancêtres préhistoriques à la découverte
du potentiel caché de la force naturelle ; Le pain représente à la
fois le progrès et la maîtrise du feu. L'homme prend
alors conscience de son pouvoir d'intervention sur les matériaux
naturels selon sa volonté.
Pour le philosophe Héraclite, le feu est l'élément
primordial de la création. Il symbolise le changement et la
continuité en même temps. Ce concept du feu comme élément
essentiel de création est paradoxal parce qu'il est maîtrisable
et incontrôlable, destructeur et bénéfique.
Chaque objet dans l'installation des deux artistes est une illustration
de leur dialogue autour de cette complexité :
Le squelette humain est conçu en pain de seigle, une céréale
considérée comme une mauvaise herbe historiquement.
Cultivé pour la première fois vers 1000 av JC , le
seigle est une des plus ancienne céréale domestiquée.
Sa capacité de pousser sur une terre pauvre et dans les climats
froids , ainsi que la composition particulière de ses glucides,
lui a donné une place essentielle dans l'alimentation des
pays pauvres.
Le libretto de Lohengrin contient
des fragments de recherche autour de l'évolution des céréales, des techniques
de fabrication du pain et de son importance pour l'humanité.
Le négatif sur verre d'un paysage tiré par l'artiste
Paul Fouché vers 1910 montre le moment où l'expérience
directe est remplacée par une image. Ce phénomène
est aujourd'hui presque systématique dans notre société.
Les moulages fracturés en terre du Boeing B29 bombardier
Superforteresse soulignent notre pouvoir de création et de
destruction.
Les cafards représentent le côté incontrôlable
de la nature. Opportunistes qui survivent dans notre ombre.
Le bambou qui transforme l'espace
architectural, est de la même
famille botanique que le seigle. Par sa beauté naturelle,
sa solidité et ses articulations anthropomorphiques, on peut
y voir des échos de l'humanité.
Alexis Jahiel et Michael Edward Buckley
remercient l'association Le Pays où le ciel est toujours bleu à Orléans
pour l'aide à la production des œuvres présentées
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