Second
temps, regards croisés : Peintures
de Manuel Ruiz Vida et Janusz Stega, installations de
Bruno Desplanques et Erik Chevalier, dessins et vidéos de Samuel
Buckman.
Autour de cette exposition, des moments hors-les-murs sont prévus
durant l'été (projections,
installation éphémère...), ainsi qu'un espace-ressource
reservé au projet "paroles d'artistes &..." et à un fonds documentaire lié aux
artistes et structures en Nord-Pas de Calais.
La pratique artistique de Samuel Buckman -foisonnante- émane
sans doute d'une attitude, celle
du promeneur. Dans ses notes, dessins, vidéos, installations,
le spectateur transite dans des
peut-être, des temps de pensée flottante. À propos
du personnage de l'une de ses vidéos,
Samuel écrit "Il s'arrête de temps en temps, pour
faire un signe de la main, fumer une cigarette,...,
puis continue à nouveau de jouer." Samuel définit
là son travail, et la réflexion chemine,
ne se sédentarise pas...
Erik Chevalier Présente So faraway, so close, une vidéo-installation
autour du thème du passage
clandestin des frontières (en l'occurence entre la France et
l'Angleterre). Le film -conçu pour être
projeté dans un égout dont un écran remplace la
plaque- utilise de nombreux cadrages en
plongée : la descente d'égout devient métaphore
d'un échappatoire, voire d'un passage vers
l'Angleterre possible...
L'environnement industriel du Nord tient une place importante dans
l'univers de Manuel Ruiz
Vida. Le peintre témoigne. À travers ses paysages de
friches portuaires, ses machines, cuves ou
récipients de chantier et d'atelier, Manuel Ruiz Vida donne à voir
un temps maculé par les souvenirs
de l'activité humaine, un espace en devenir constant... Ce temps
n'est-il pas -tout simplement-
celui de la peinture, qui inscrit, fixe dans la durée, des instants,
juste des instants ?
Autre peintre, autre témoin. Pour partie, Janusz Stega tire
son oeuvre de sa mémoire, d'une culture
liée à ses origines. Comme les souvenirs s'enchevêtrent,
les couches picturales se superposent
sur ses toiles, jusqu'à créer d'épaisses concrétions
de couleur. Le dessin s'impose de luimême, à
partir d'outils singuliers : Janusz utilise des rouleaux à motifs
qui -en simulant le papier
peint- servaient en Pologne à peindre les intérieurs
modestes.
Sculptures-installations in-situ, peintures, dessins ou volumes de
grillages, l'oeuvre de Bruno
Desplanques joue, simule, réinvente l'espace dans lequel il
l'introduit : "Il est question souvent
dans mon travail, qu'il s'agisse de peinture, de sculpture ou d'installation,
de la conquête d'un
espace donné. Mes interventions se veulent discrètes
au point parfois de se dissimuler dans l'existant
et mettent à l'épreuve l'expérience du voir, de
la perception".
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