Une artiste militante ...
[…] Réaliste, la peinture de Nadia Benbouta l’est
par nécessité. Nécessité de montrer. Montrer
pour dénoncer, montrer pour espérer.
« Je travaille à partir de photos d’actualité,
de publicités, d’oeuvres d’art, de particuliers
aussi, bref sur du concret, insiste t’elle. Il ne s’agit
pas de reproduire platement l’image, mais de la poétiser,
d’introduire une distance ironique pour rendre la réalité à la
fois plus cruelle et plus supportable. L’art doit être
porteur de sens, l’artiste est un citoyen. »
Citoyen du monde, cela va sans dire, mais ça
va mieux en le peignant :
«
les guerres, l’économie à tout va, la vulgarité,
tout ce qui fait violence à l’humanité, m’indignent.
Le monde manque d’artistes, pas de soldats. J’ai beaucoup
travaillé sur la notion de territoire. Mais les frontières
ne sont pas seulement terrestres, elles sont aussi et surtout mentales. »(...)
Extrait de l’entretien de Nadia Benbouta avec Jérôme
Pilleyre
Au menu de cette nouvelle exposition à la School Galerie :
Pièces de viandes, pièces anatomiques et pièces
lumineuses.
Tout commence par un portrait en pied - on ne rigole pas - du véritable
boucher nain de l’artiste posant fièrement au milieu
de ses trophées bovins sanguinolents. Une métaphore
de la pensée devient la sculpture d’un cerveau en margarine.
Un portrait, équestre, trône royalement. Seulement le
cheval est de bois et le Maréchal âgé de douze
ans arbore innocemment la stature de Louis XVI comparé au
boucher, forcément.
L’ensoleillement évoqué précédemment
a quitté la cuisine pour la chambre. « C’est chaud » et
la margarine fond. Voici toute une série inédite de
néons à l’écriture schizophrénique
et aux messages érotiques, sur dessins et tableaux également.
Dans une bouée à tête de cerf, un jeune éphèbe
cerclé façon « makis »- il n’y a
qu’un bout qui dépasse- fait des ronds dans l’eau.
Une Parisienne de l’Ouest, naturiste, ayant certainement perdu
ses lentilles, se ballade en sautoir monogrammé pour canidé en
attente d’un nouveau maître. Confort Bourgeois.
"
Folles aux lits, faux lits, folie ...", traduisez : chaleur, érotisme
et féerie à la School Galerie.
Extrait du texte de Christophe DELAVAULT
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