Selon
une amie de l’artiste, le coastitis
serait une maladie des expatriés au Kenya. Ceux-ci ayant trop
longtemps séjourné sur le bord de mer se mettraient à boire
et une fois complètement ivres, munis d’embarcations,
iraient se fracasser sur les rochers. Pour sauver ces derniers, il
faut les éloigner un certain temps de la côte.
Selon un article du New York Times, le coastitis est une maladie
sur le littoral du Kenya, plus précisément au niveau de l’archipel
de Lamu. Les symptômes se manifestent par une aversion pour le
moindre effort et une propension à s’allonger sous des
citronniers en cherchant un reste de force pour presser les fruits.
Le seul remède connu consisterait à rejoindre l’intérieur
des terres.
D’après David Ancelin, il subsiste dans ces deux versions
des différences qu’il ne faut pas élucider. L’exposition
Nuances tropicales repose sur ces rapports ambigus entre langage et
narration.
En glanant çà et là des objets au rebus ou oubliés
du circuit, il entreprend une analyse des potentiels sculpturaux de
leurs volumes. C’est aussi pour leur immédiateté d’identification,
leur sens commun sous-jacent, que ces formes sont sélectionnées.
Les objets ainsi récupérés sont alors manipulés
et analysés. Certains aspects, techniques, esthétiques
ou poétiques, permettent de faire et défaire des noeuds
de sens. C’est là que s’articulent des mécaniques
lyriques entre les matériaux et ce qu’ils suggèrent.
A ces manipulations plastiques viennent se greffer des référents
banals (maritimes, urbains), prétextes à une mise en
espace. Les travaux, dans leur autonomie, jouent de leurs positions
fragiles et instables. Ils se servent de ce postulat d’état
comme socle hasardeux et bancal afin de se maintenir entre les murs
de la galerie.
Sculptures et sérigraphies ou peintures se répondent
par associations d’idées, correspondances esthétiques,
créant des ponts plastiques entre planéité et
volume, unicité et multiples.
Les bribes narratives se croisent et se répondent tissant ainsi
les fils imaginaires d’une toile abstraite insaisissable. Il
y réside un rapport irrésolu entre une interprétation
formelle et sa traduction littérale. Tout reste en suspend,
défiant un équilibre de la pesanteur et du discours.
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