Philippe
Fangeaux est peintre. Né en 1963,
il vit à Marseille. Il fut pensionnaire de la Villa Médicis
en 1997 et 1998. Guillaume Poulain est sculpteur. Né en 1972,
il fut élève de l'ENSBA à Paris et vit actuellement à Montpellier.
Les deux œuvres différent en tout mais une même
attitude face à l'art les réunie. Attitude à relier à la
pensée d'Emmanuel Hocquard : « Penser que l’on
voit ce que l’on voit est probablement une erreur ».
« Ce rire titanesque, il le situe de manière parfaitement
topographique, en termes de surface et de plan, dont l'ordre originel
se déséquilibre dans une dynamique d'ébranlement,
de vacillement et de désidentification. (…)
En montrant que cette déstabilisation de l'espace de la toile,
dans les grands châssis comme dans les petits formats, appuie
la revendication d'une véritable position picturale : des
paysages filmographique de 1995 à l'irruption des animaux
de 1997 à 2000 ; de l'univers du jouet dans les années
2000 à la présence humaine à partir de 2001,
puis à l'intervention de l'univers télévisuel,
se succèdent et s'interpénètrent des directions
aussi radicalement distinctes que rétrospectivement cohérentes.
Nerveusement tendu entre classique et contemporain, mais toujours à distance,
le travail de Fangeaux s'affirme ainsi, selon l'expression, « intempestif ».
Et c'est précisément de cette intempestivité qu'il
tire sa puissance : celle qui, selon l'expression de Foucault, « secoue
les familiarités ».
Extrait de « L’intempestif, sur la peinture de Philippe
Fangeaux » par Christiane Vollaire, Aout 2005
«
[…] De la logique du ready made, Poulain se distingue par l’option,
non de l’indifférence (n’importe quoi), mais de
l’élection. Il prélève dans le contexte
environnant, celui du supermarché ou du magasin de bricolage,
l’objet qu’il aurait bien aimé avoir réalisé.
[…]
Le côté apparemment mal fichu de certaines pièces
(bien fait, mal fait, pas fait) n’est jamais le fait d’une
quelconque négligence ou désinvolture, elles signent
au contraire l’affirmation d’une position de l’artiste
refusant que la virtuosité ou l’esbroufe technique tiennent
lieu de qualité ou de critère artistiques. Rien à voir
avec la fausse modestie, encore moins avec le populisme, mais toujours
cette exigeante résolution : tirer l’art du plus profond
de son absence.
A l’opposé du misérabilisme, cette posture discrète
use volontiers de l’ironie et du sens de la dérision
; et ce serait manquer un aspect important de l’œuvre
de Guillaume Poulain que de ne pas signaler cette propension à l’humour
et au jeu […]. »
Extrait de « Mine de rien » par Jean-Marc Huitorel, Février
2009
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