artistes
: Matthias Bitzer, Barbara Bloom, Gwenneth Boelens, Etienne Bossut,
Caroline Boucher, Isabelle Cornaro, Cécile
Desvignes, Michel François, Jérémie Gindre,
Alexander Gutke, Gaël Pollin, Adam Putnam
Une proposition du collectif
de commissaires d’exposition
Le Bureau
Le cycle
d’expositions intitulé Un
plan simple a été spécifiquement conçu
pour la Maison Populaire. Non pas tant pour l’espace au sens
de productions in situ ou contextuelles, mais surtout par rapport à cet
espace, à la manière dont cette salle d’exposition
est envisagée, regardée et pratiquée quotidiennement
par le public. En effet, le Centre d’art, qui est également
l’entrée de la Maison Populaire, est un lieu qui se
traverse : bien des personnes y passent très régulièrement
pour se rendre vers d’autres activités et jettent un
coup d’œil aux expositions par la même occasion.
Les expositions d’Un plan simple partent de ce constat : une
exposition peut être regardée en passant et s’appréhender
alors comme une image frontale. Les trois expositions organisées
par le Bureau/ se proposent d’examiner différentes modalités
de construction d’une image : la perspective, la scène
et l’écran. Ces « formes symboliques » sont
chargées de références car elles représentent
des structures déterminantes de l’histoire culturelle.
Ici, elles serviront chacune d’outil scénographique
pour proposer un accrochage créant une image bi-dimensionnelle.
Le spectateur qui choisira d’y pénétrer pourra
aussi déambuler parmi les oeuvres.
Perspective
Première interprétation du Plan simple, Perspective
explore un mode de perception visuelle. L’exposition est construite
frontalement selon une succession de plans qui s’organisent
selon un point de vue unique. À distance, l’exposition
se donne à voir comme une image que l’on peut appréhender
dans son ensemble, où tous les plans se joignent ou se superposent.
De plus près, la circulation parmi les œuvres permettra
de découvrir ces plans successifs.
Perspective, qui propose
simultanément deux expériences — l’exposition
comme image bi-dimensionnelle et comme dispositif pénétrable,
s’appuie sur deux références : la perspective
comme invention rationnelle dans l’histoire de la représentation
et les accrochages expérimentaux des expositions manifestes
ou pédagogiques du début du XXe siècle . La
première renvoie à un mode d’organisation du
réel apparu à la Renaissance, qui donne à l’homme
une place centrale afin que son point de vue ordonne le théâtre
du monde. La seconde référence s’inscrit dans
une époque où les images se sont multipliées
de façon exponentielle et où il importe avant tout
d’organiser une façon de se mouvoir parmi elles ; non
plus par rapport à un point de vue fixe mais pour un œil
en perpétuel mouvement.
Les œuvres choisies pour Perspective jouent et déjouent
la scénographie frontale de l’exposition. Qu’il
s’agisse de construire ou de déconstruire une image,
l’exposition s’intéresse largement au processus
de représentation. Opérant sur le mode de la déconstruction
de l’image, A Whole Fragment (2007) de Gwenneth Boelens, ou
Sundial (2005) d’Adam Putnam, créent des effets d’illusion
grâce à des dispositifs de reflets, où l’œuvre
est d’abord perçue comme un fragment avant d’être
appréhendée dans son unité. Lighthouse (2006)
d’Alexander Gutke est la projection d’une surface géométrique
en rotation dans l’espace, provoquant l’illusion du mouvement
par la simple succession d’images fixes.
La construction d’une représentation est également
une des pistes esquissées par l’exposition. L’œuvre
Broken t (exagonal plate) (1997) de Barbara Bloom offre plusieurs
manières de représenter un même objet. Cécile
Desvignes avec Les angles (2002), traite en volume la représentation
de l’architecture, en partant du plan de son ancien appartement.
Quant à Jérémie Gindre, La Voie (Stonehedge
4a+) (2006), propose une représentation en théorie
praticable à la fois visuellement et physiquement. Empruntant
au langage baroque, Vitrine (2006), l’oeuvre de Caroline Boucher
détourne la question de la perception de la sculpture en imposant
le point de vue frontal de la vitrine.
Jouant avec les codes
culturels de la représentation, la
Nature Morte d’Etienne Bossut emprunte autant à la peinture
qu’à la sculpture ; le moulage lui permet de se tenir à la
lisière de l’image comme simulacre et de l’objet
comme représentation. Michel François se réfère
lui aussi au brouillage post-moderne des médiums. L’image
qu’il propose dans Déjà-vu (Cactus 1) (2003)
crée une abstraction à partir d’un effet de symétrie.
Matthias Bitzer travaille la combinaison d’une représentation
figurative et d’une interprétation abstraite pour créer
un espace autonome qui permet, comme le formule l’artiste,
la dissolution des relations temporelles et spatiales culturelles.
Les photographies de Gaël Pollin abordent le réel dans
sa diversité tout en soulignant les apperceptions de nos systèmes
de représentation. Isabelle Cornaro a, quant à elle,
développé une réflexion sur l’espace et
plus particulièrement la perspective dans un certain nombre
de ses pièces. Pour l’exposition Perspective, elle est
invitée à faire une proposition qui prenne en compte
la scénographie de l’exposition.
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