Inquiétude du quotidien
Alors que dans tous les réseaux technologiques de communication,
les images et les informations se multiplient d’une manière
exponentielle, constituant et reflétant ce que nous appelons
avec dérision les évènements de notre quotidien,
peindre en utilisant des techniques traditionnelles, avec la volonté de
figer un instant de cette réalité peut paraître
une véritable gageure. Parvenir à relever ce défi
pour de jeunes artistes les fait s’exposer à bien des
critiques de principe avant même d’exposer leurs œuvres.
Tout d’abord parce que d’après certains, la modernité d’une
représentation ne se conçoit qu’en adéquation
avec l’actualité du médium, ensuite parce que
le rassemblement des "Mythologies" (1) énoncées
par Roland Barthes dans les années cinquante est déjà rentré au
musée à la fin des années soixante-dix. Devenues
Quotidiennes, les Mythologies (2) par le biais de la représentation
permirent la consécration des peintres de la Nouvelle Figuration.
L’histoire de l’art, tout comme l’histoire, a
le droit et peut-être le devoir de se répéter
pour s’enrichir de ce qui la génère. Si hier,
le constat d’une société en mutation se faisait
sur le mode de la contestation politique et somme toute optimiste
et constructive, aujourd’hui, les idéologies et les
utopies semblent avoir déserté au profit d’une
inquiétude face à un quotidien qui se fait plus menaçant.
C’est ce qui semble se lire dans les images parfaitement maîtrisées
de ces quatre artistes attentifs au monde qui les entoure, et capables
de traduire en peinture notre réalité à la fois
trouble et violente.
Jean-Pierre Plundr
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