La galerie Jean Fournier est heureuse
de présenter
une exposition des oeuvres récentes d’Emmanuel Van der
Meulen.
C’est au début des années 90 qu’Emmanuel
Van der Meulen commence la pratique de la peinture en autodidacte
avant d’intégrer l’Ecole nationale supérieure
des beaux-arts de Paris en 1995.
En 2006, lors de l’exposition « La Force de l’Art » au
Grand Palais à Paris, Emmanuel Van der Meulen expose, sur
une proposition d’Eric de Chassey, un ensemble de peintures
acryliques sur toile.
La galerie Jean Fournier montra pour la première fois son
travail en 2007, lors d’une carte blanche donnée à Eric
de Chassey et Pierre Wat, exposition réunissant trois autres
artistes : Colombe Marcasiano, Wade Saunders et Antonio Scaccabarozzi.
Depuis 2004, l’artiste construit ses tableaux en isolant en
leur centre une large surface monochrome traitée en aplat
dans des tons chromatiques généralement neutres. Autour
de cette zone centrale du tableau, se retrouvent des surfaces divisées,
marges et bordures qui, elles aussi, sont des aplats dans de couleurs
plus soutenues. Rejetées, soit sur les côtés,
soit au sommet, ces marges sont là pour signifier des espaces
vides ou vacants, même s’il s’agit d’espaces
peints.
L’artiste utilise délibérément des formes
simples qui sont le minimum reconnaissables afin que le spectateur
puisse rapidement se confronter à ce qu’il nomme « l’expérience
du tableau proprement dit ».
« Je conçois l’expérience de la peinture
comme une expérience partagée, même si celui
ou celle qui va venir devant le tableau s’y confronte seulement
dans un second temps. J’ai en tête que ma position et
celle du regardeur sont interchangeables. Si je me pose ainsi devant
chaque tableau c’est pour que d’autres puissent le faire à leur
tour ».*
Emmanuel Van der Meulen travaille chaque tableau
de manière
autonome et indépendamment de l’autre sans tenter de
réaliser quelque chose de déjà fait, ni faire
quelque chose de nouveau à tout prix. L’artiste réfute
donc, le concernant, tout système ou méthode qu’il
pratiquerait à la lettre. Il préfère d’avantage
travailler de façon inconsciente et subjective, juste poser
comme postulat la volonté de pratiquer la peinture dans l’espace
même du tableau. En systématisant une répétition,
il n’adviendrait du tableau qu’une image de lui-même,
sorte de « concept ». L’artiste préfère
parler de « variations qui servent à réenclencher
l’acte de voir à chaque tableau ».*
Le titre de l’exposition « Ou bien…ou bien... » qui
reprend le titre de l’ouvrage de Sören Kierkegaard pose
la question du choix. En peinture, comme dans la vie, le non choix
est une illusion : en peinture les différents temps de travail
sont les résultats d’une série de choix. La pratique
de la peinture est elle-même un choix repris à chaque
tableau - au-delà des intentions et des décisions relatives à chaque
toile.
«
Le point de départ du travail est le choix du format du tableau ».
C’est le format qui va déterminer la suite de son travail.
L’artiste choisit des formats rectangulaires, assez allongés,
qui renvoient d’emblée au corps humain tout entier et
le questionne bien au-delà du simple regard de l’oeil.
Selon Eric de Chassey : « ils ont un caractère anthropomorphique
ou du moins invitent à percevoir une homologie avec le corps
debout. A l’œil, ils paraissent étroits et quelque
peu bizarres, mais au corps, si je puis m’exprimer ainsi, ils
sont naturels, ils lui répondent directement ». *
Depuis 2005, l’artiste privilégie un principe d’accrochage
en créant une ligne de vue supérieure à la hauteur
d’accrochage habituelle, « l’accrochage aligné sur
la limite haute de l’aplat (autour de 195 cm du niveau du sol)
permet aux tableaux de créer leur propre architecture ».
Cet accrochage dynamique des tableaux permet à la fois aux œuvres
de dialoguer entre elles et aussi de nommer l’espace d’exposition
en tant que tel.
« Le travail de la peinture c’est aussi accepter la
mémoire de la peinture. Si l’on fait de la danse, on
se confronte à son propre corps, à ses limites physiques, à un
public, mais aussi à l’histoire de la danse. En tant
que peintre, je suis forcément confronté à l’histoire
de la peinture et à ses formes, je suis, moi-même ou
dans le travail, traversé par l’histoire de la peinture.
Mais ces traversées, ces mémoires, brouillent moins
les choses qu’elles ne permettent d’en formuler avec
plus de précision et de conscience ».*
.
* Emmanuel Van der Meulen, extrait du texte paru dans le catalogue
de l’exposition.
A l’occasion de l’exposition à la galerie un
catalogue est publié avec un entretien d’Eric de Chassey
aux éditions LienArt et Galerie Jean Fournier.
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