Ben, avec qui la Galerie Templon
expose depuis 1970, investit le second espace de la galerie, Impasse
Beaubourg,
avec une étonnante installation de photographies, de textes
et de toiles sur le thème du suicide.
La première partie de l’installation recense des artistes
qui se sont suicidés. Chacune des photographies présentées
est accompagnée d’un texte explicatif. De Nicolas de
Staël à Diane Arbus ou encore Jackson Pollock, de nombreux
plasticiens ont choisi de mettre fin à leurs jours. Ben lui-même
a failli se suicider. Comme il l’explique : « en janvier
1961, je fais part à la presse de mon intention de me faire écraser
en forme d’aile de voiture par une presse de l’usine
Renault, ou de me faire aplatir par un rouleau compresseur sur une
toile qui serait vernie par ma femme après ma mort. » Un
long texte sur le suicide, dont une partie est écrite à même
le mur de la galerie, accompagne ces photographies.
L’exposition propose également des acryliques sur toile
sur le thème de la mort. Ben explique que « la mort,
c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie. Elle
est partout. (…) Puisque l’idée d’une forme
d’art peut être considérée aujourd’hui
comme sa création, je prends Moi Ben possession de l’idée
de la mort dans l’art car seule la mort est l’absolu. »
Né en 1935 à Naples, Ben Vautier arrive à Nice
en 1949, où il vit et travaille toujours. Il se fait connaître à partir
de 1959 grâce à son « magasin fourre-tout, lieu
de rencontres et d’exposition ». Un des fondateurs du
mouvement Fluxus, il affirme que tout est possible en art et que
tout est art. Ses œuvres sont maintenant dans les collections
publiques de nombreux musées en France et à l’étranger,
notamment le Centre Georges Pompidou de Paris, l’Art Gallery
of New South Wales de Sydney, le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig
de Vienne ou encore le Museum voor Hedendaagse kunst d’Anvers. |