Dans le cadre des Instantanés présentés
dans la salle Mario Toran, le Frac des Pays de la Loire invite Pascale
Rémita. Réalisée en partenariat avec le Ring,
artothèque de Nantes, l’exposition est déclinée
en deux temps, au Frac des Pays de la Loire du 17 janvier au 15 mars
2009 et au Ring, artothèque de Nantes, du 31 janvier au 14
mars 2009, où l’artiste présente un autre volet
de son travail.
Au sens large, Pascale Rémita travaille sur la perception
et le paysage. à la genèse de ses peintures, il y a
toujours un référent photographique et informatif,
toujours du «déjà-là», du «déjà-pris» par
d’autres regards qui se sont emparés du monde. Dans
cette sélection d’images trouvées, les clichés
sont extraits des médias de masse, et de plus en plus de photographies
glanées sur internet.
Partant de cette matière, Pascale Rémita ne cesse
de questionner le regard que l’on croit avoir sur le réel.
Qu’elle s’attache à des vues aériennes
du paysage, des captures d’écrans de vidéo-surveillance
de sites militaires, des territoires architecturés ou vierges,
Pascale Rémita ouvre des plateformes où s’animent «des
objets de vision». Multipliant les potentielles lectures iconographiques,
elle met en jeu la question du doute et la densifie à l’extrême
dans sa pratique picturale. Car à la première strate
géologique qui fonde sa démarche, ce temps de sélection,
de tri, de décantation des images, elle ajoute une nouvelle
couche de mystère en retravaillant ses sources photographiques
par la peinture. Elle parfait ainsi un feuilletage complexe de stratifications,
traductions, conversions.
Dans cette pratique dynamique, les outils esthétiques de
Pascale Rémita sont fluctuants : elle travaille parfois par
série, mais n’aime pas beaucoup les ensembles fermés.
Elle cherche à rendre visible certains liens souterrains en
créant des échos, des chocs, des frottements entre
ses peintures. Elle met en mouvement leur lecture.
Autre problématique récurrente : celle de l’échelle.
Du macro au microscopique, Pascale Rémita s’amuse souvent
de l’élasticité de ces deux approches perceptives. «Par
la technologie, nous sommes au cœur d’un écart
impressionnant et grandissant entre le proche et le lointain. Comment
mettre en mouvement notre regard ? Le leurre me fascine : en voulant
voir de plus en plus on voit de moins en moins... à moins
qu’il faille tout reconsidérer autrement. Je repense à cette étonnante
phrase de Max Planck : «... nous nous trouvons donc dans la
situation d’un homme qui ne pourrait considérer un objet
qui l’intéresse qu’à travers des verres
de lunettes dont il ignorerait absolument les propriétés
optiques.»
Plastiquement, ses peintures distillent une tension permanente entre
abstraction et figuration, précision et dissolution, expression
gestuelle et neutralité photographique, subjectivité et
anonymat. Toujours habitées par leur spectre photographique,
ses compositions revêtent une forme de douceur matiériste
plutôt séductrice. Un plaisir pictural qui n’occulte
jamais le fait que l’œuvre de Pascale Rémita demeure
avant tout un combat du regard pour comprendre le monde.
Max Planck : Physicien allemand (1858-1947). Père
de la physique quantique et Prix Nobel de physique en 1918
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