La
peinture de Soizic Stokvis interroge notre environnement. Ses oeuvres
sont pour
la plupart in situ. Toiles et fresques se mèlent dans des
oeuvres proposant une relecture
du lieu d'exposition. L'artiste pose la question du support, le mur
devient le
révélateur du trait tout en étant lui-même
ainsi révélé. Dans le travail de Soizic
Stokvis, les constructions orthogonales sont omniprésentes,
de même qu'elles le
sont dans notre quotidien. La peinture devient le prolongement de l'architecture.
Pour son exposition à l'Espace d'art Camille Lambert, l'artiste
investira la grande
galerie et proposera une nouvelle appréhension du lieu. Cette
peinture murale sera
complété d'un ensemble de photographies.
"
Passionnée par les villes, leurs transformations, leurs réseaux,
leur densité, j’ai été amenée, en
référence avec ces environnements, à travailler
en parallèle l’abstraction géométrique et
la photo.
En peinture, j’utilise deux supports : la toile et le mur. Je
développe des aplats, des plages de couleurs,
qui n’excluent pas les transparences. Les repentirs se révèlent
comme des doutes, des références à une
mémoire des lieux.
Il ne s’agit pas d’annoncer les bienfaits d’un « système »,
ou de s’en conforter. Il ne s’agit pas non plus
de figurer un monde idéal où la science apporterait les
clefs d’un monde parfait. Les villes sont au
centre des grands questionnements actuels, sociaux, économiques
et urbanistiques.
Sur la surface des toiles, superpositions, continuités, hiatus
se succèdent. Des ramifications, des
réseaux parcourent et tendent à des débordements à même
les murs, sous forme d’adhésifs fluorescents
- exposition à la galerie Duchamp à Yvetot.
En peinture murale, Centre d’arts de Clamart et Chapelle Saint-Jean à Pontivy,
l’idée de ville tentaculaire
prend son sens par son caractère monumental.
Il s’agit d’un déploiement dans l’espace d’un
schéma préétabli sous forme d’un collage
retravailléà l’ordinateur. La répétition du motif, renversé, étiré,
modifié, reporté à différentes échelles,
renvoie à la
standardisation des villes contemporaines, à une architecture
banalisée, qui apparaît comme un
leitmotiv tant dans les agglomérations moyennes qu’au
niveau des grandes métropoles.
En parallèle, la photo m’apporte une approche directe
de la réalité urbaine, de ses avancées. Je travaille
sur le thème du chantier (le grand chantier à Paris,
dans le 13è arrdt.), la destruction et la construction,
mais aussi sur un lieu de flux comme le port du Havre.
Je prends des « notes photographiques ». A Clamart, les
photos venaient s’incruster dans la peinture
murale, comme des fenêtres. A Saint-Setiers, accrochées
dans un autre espace, elles répondaient aux
oeuvres disposées au sol. Elles avaient été prises
dans une ZI en devenir, proche de Limoges.
Ainsi, le matériau photographique jouant le rôle de contrepoint à ma
peinture, mon travail se réfère à un
environnement globalisé, où le déséquilibre
existe, et non pas à un monde de certitudes acquises."
© Soizic Stokvis
Juin 2005
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