L’exposition personnelle de Cécile
Hartmann au Centre Photographique d’Ile-de -
France prend la forme d’un itinéraire terrestre qui reflète
les préoccupations sensibles de
l’artiste pour les formes de vie à ”l’ère
hypermoderne”.
Prises récemment dans les zones en mutation de Dubaï, entre
urbanité totalisante et
espaces désertiques, les dernières images de Cécile
Hartmann semblent mues par un
double sentiment d’urgence. Celui de travailler au coeur des
rapports de force
contemporains et dans le même temps de cristalliser dans la représentation
de ces
rapports, le surgissement d’une forme de beauté en arrêt.
Un ensemble de photographies inédites intitulées Deserter,
Walker, Tower, Land -
représentent d’un côté des figures solitaires
au plus près de la terre qui les porte, aux
prises avec des états matériels de dissolution ou de
fusion, de l’autre des surfaces
liquides ou arides ouvertes vers des fonds infinis et crépusculaires,
des formes minérales
et architecturales saisies dans un temps incertain, entre évolution
et involution, archaïsme
et virtualité.
En correspondance aux photographies, une série de peintures
en tondos, Planet, couvre
un wall painting de sa constellation monochrome aux surfaces accidentées;
une vidéo,
Come, nous entraîne dans les volutes charnelles d’une tempête
de sable dont les reliefs
sonores évoquent un combat physique.
Ces rapports d’un lieu vers un autre, d’un temps vers un
autre, d’une texture visuelle vers
une autre, jouent dans l’exposition comme un vaste réseau
d’influences aux
représentations paradoxales. Il en résulte une mise à distance
troublante, une sensation
persistante de force et de vulnérabilité. Ces «images-mirages» nous
invitent à demeurer
avec elles, au seuil de notre inquiétude, parce qu’elles
préfigurent un devenir où les
formes mêmes du pire semblent posséder une force de jaillissement
et de régénération.
Cécile Hartmann a notamment exposé en 2008 au CCC de
Tours où son exposition“
Microclimat” questionnait les rapports solidaires et instables
de zones économiques et
volcaniques. Son travail photographique sera présenté en
2009 à la Biennale de
Thessalonique dans le cadre de l’exposition “Face to Faces” et à la
Biennale de Bogota
dans le cadre de l’exposition “Paysages de la conscience”.
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