Jean-Luc Moulène est principalement photographe.
Depuis le milieu des années 80, il s’attache à déconstruire
au travers de scènes quotidiennes ou d’images types
(paysages, natures mortes, portraits…) les paramètres
sociaux, économiques et esthético-historiques qui encadrent
toute production d’images.
Une production de dessins et de volumes n’a cessé d’accompagner
cette pratique photographique. Elle se développe, à l’atelier,
comme une aire de recherches indépendante, quand la photographie
s’appuie sur des pratiques de déambulation dans le réel,
de projet, voire de casting autour d’un statut (Filles d’Amsterdam),
d’un objet ou d’un geste. Le dessin peut enregistrer
un tracé rapide et « naïf », (Bubu 1er, Apo-Bird)
mais aussi des recherches d’espace et des schémas d’organisation
(Voie lactée, Etoile noire..).
L’exposition se lit comme un itinéraire. D’abord
la scène, le plateau puis la sphère, l’univers,
l’humain pour la première série de salles ; l’humain
et les tensions de l’espace vers le social pour la seconde,
itinéraire qui va également du noir et blanc à la
couleur.
Les dernières expositions de Jean-Luc Moulène en France
et à l’étranger avaient mis l’accent sur
les importantes séries produites depuis 2000. Pour l’exposition
de Nîmes, Jean-Luc Moulène a choisi une approche singulière
de l’œuvre. En appui sur la trame utilisée par
l’architecte Norman Foster dans son bâtiment, la présentation
de Nîmes développera une attention de l’artiste à l’exposition
comme ensemble construit à partir de signes individuels. L’exposition
de Nîmes rassemble une sélection de 30 photos, 25 volumes,
21 dessins et une vidéo, datés de 1977 à 2008.
Hormis quelques œuvres, l’accent est placé sur
les années 2000-2008. Quelles que soient les dimensions et
les techniques, toutes sont placées au même niveau.
Dans son travail, par les ruptures esthétiques et thématiques,
comme dans ses interviews, Jean-Luc Moulène s’est employé à dénier
la possibilité d’une totalité et renvoie à la
naissance d’un sens complexe. Pour Moulène, l’œuvre
s’établit au centre d’un faisceau de paramètres
techniques, sociaux… intégrés dès sa fabrication.
Ceci inclut sa diffusion dans l’espace public extérieur,
ou au sein de la galerie ou du musée, faisant de chaque présentation
une expérience unique.
Un catalogue monographique bilingue (anglais, français) avec
des textes critiques de Jean-Pierre Criqui, Yve-Alain Bois et une
interview de l’artiste par Briony Fer est édité pour
l’exposition.
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