Après avoir été présentée
au Centre de la Photographie de Genève en 2005, puis au CRAC
Languedoc-Roussillon en 2006, et enfin au SPRENGEL MUSEUM de Hanovre
en Allemagne en novembre 2007, la galerie Paris est heureuse d’accueillir
l’exposition personnelle „Look at me I look at Water“ de
Boris Mikhailov.
Boris
Mikhailov (né en 1938 à Kharkov, URSS/Ukraine)
a fait son entrée, au début des années 90, dans
la scène de l’art dominée par l’Europe
de l’Ouest et l’Amérique. Depuis, de nombreuses
publications, principalement des livres d’artiste, ont été éditées
et son œuvre a reçu les plus grands prix (The Hasseblad
Haward 2000, City Bank Photography Prize 2003).
Dans ses nombreuses séries de photographies Boris Mikhailov
documente la vie et la chute de la société soviétique
puis les transformations sociales qui l’ont suivie. Mikhailov
est un photographe moraliste et ses travaux associent les aspects
documentaires et conceptuels. Les déformations et transformations
sociales des ventres et des corps sont souvent au centre de ses intérêts
et fabriquent un vocabulaire visuel et métaphorique de l’érotisme.
L’œuvre „Look at me I look at Water“ est
issue d’une proposition de la Heiner Müller-Gesellschaft.
L’idée de départ était la confrontation
de deux approches artistiques opposées, de deux manières
différentes d’aborder la politique et la société.
Mikhailov — qui a conçu le travail après la mort
de Heiner Müller — le conçoit comme une recherche
expérimentale pour s’approprier l’œuvre de
l’écrivain.
Dans „Look at me I look at Water“ — comme dans
beaucoup d’œuvres de Boris Mikhailov — un niveau
autobiographique se superpose à une analyse visuelle du contexte
social. L’artiste recourt, au niveau formel, à plusieurs
procédés déjà employés. Il utilise
des photographies qui se trouvent déjà dans d’autres
contextes de son œuvre, il y ajoute de nouvelles images, change
leur ordre, insère et intercale des textes et fragments de
textes dans la narration par l’image. Elles reflètent à la
fois l’enjeu des procédés esthétiques,
des futurs modèles iconographiques, et l’utilisation
quotidienne, banale et brutale, de différentes expériences
culturelles. „Look at me I look at Water“ est aussi — lecture
suggérée par la dédicace — une histoire
vue en suivant la perspective de l’émigration. Mikhailov
vit depuis longtemps entre l’Est et l’Ouest et cela va
de pair avec un questionnement continu de la représentation
de l’identité, l’importance de l’expérience
personnelle et le rapport aux valeurs morales. En ce sens, cette œuvre
est une prise de position qui se nourrit de l’instabilité.
Pour l’accrochage de cette exposition itinérante,
Boris Mikhailov est parti de ses concepts préparatoires pour
le livre
„
Look at me I look at Water“ (Steidl Göttingen, 2000)
et a organisé une présentation d’œuvres à chaque
fois spécifique qui se laissent lire,
dans leur résumé, comme le fragment d’un roman
psychologique en forme de journal intime
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