Bite my buns, swallow my meat.
Taste the fire in the cave."
"Croque mon pain, mange ma viande,
Mets le feu à ton palais!"
L'exposition de Mike Bouchet à la galerie Vallois, «CANBURGER»,
a pour élément central 10 000 hamburgers en boîte
produits spécialement pour l’occasion. Ayant travaillé directement
avec une société de mise en conserve de viande en Allemagne,
l’artiste a mis au point un hamburger en boîte d’une
durée de conservation de deux ans. La viande prise entre deux
pains, déjà garnie de ketchup et de moutarde, est conditionnée
dans une boîte avec opercule pour en faciliter l’ouverture.
Le «CANBURGER» est le point de départ d’une
recherche plus globale autour des questions importantes relatives à la
consommation du hamburger. Dans un style dit «Internationaliste»,
Bouchet a réalisé des sculptures et des grandes peintures
qui soulèvent quelques interrogations profondes sur la production
et la consommation de nourriture dans le monde actuel, du fast-food
aux rations militaires en boîte, en passant par les mouvements
survivalistes américains*. Alors que les grandes peintures
hyperréalistes de hamburger poussent le fétichisme
alimentaire jusqu’à ses limites les plus grotesques,
la sculpture de hamburger en bronze (ainsi que les boîtes de
hamburger scintillantes) pousse la tendance actuelle de ce qui pourrait
s’appeler «la matérialité spectacle» à la
limite de la gène.
Comme dans d’autres de ses oeuvres, Bouchet reproduit les stratégies
propres au marketing : dans le plus vieux marché de Paris
- les Enfants Rouges -, des échantillons de «CANBURGER» ont été proposés
en dégustation gratuite au cours du mois de décembre.
Dans la lignée de projets précédents comme «CARPE
DENIM» et d’une manière encore plus extrême, «CANBURGER» confronte
alors le spectateur à l’insolente matérialité des
oeuvres, par une appropriation humoristique, et pourtant bien lucide,
des tactiques de la société du spectacle, conduite
par les médias et la publicité.
*Tendance
selon laquelle l’homme doit se préparer à survivre
dans un monde en passe de lui devenir hostile : les survivalistes
s’y préparent en stockant eau et nourriture dans les
abris anti-atomiques qu’ils se font parfois construire.
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