En janvier prochain, Stéphane
Pauvret investira la salle Mario Toran du Frac des Pays de la Loire.
Le travail de Stéphane Pauvret peut s’envisager comme
une investigation du spectaculaire sous toutes ses formes et ses acceptations,
dans tous ses modes d’apparitions ou de visions. Le quotidien,
la ville, la banalité de certaines situations ou d’espaces,
sont des éléments que l’artiste aime à pointer,
détourner, mettre en valeur. Entre glissements savoureux et
surgissements dans l’espace public, ses photographies et ses
installations vidéo tiennent du furtif, du dérisoire
et d’un décalé incertain.
A la fois plasticien et scénographe, Stéphane Pauvret
puise notamment dans un vocabulaire scénique pour la mise en œuvre
de dispositifs et d’artefacts, et à l’inverse, dans
des représentations plastiques, qu’il fait réinjecter
dans un contexte théâtral.
A chaque fois, il s’agit toujours d’une remise en jeu de
la gestion du temps et de l’espace, selon le projet et le cadre.
A la croisée entre plusieurs champs artistique, la pratique
de Stéphane Pauvret se situe dans une lisière qui lui
permet d’interroger les processus de fabrication de ce spectaculaire.
A la manière d’un enquêteur, il met en place un
regard critique sur le rapport que nous développons avec celui-ci.
En 2003, l’artiste demandait ainsi à un dessinateur
de rue, de lui faire le portrait à la craie sur le trottoir
du centre ville de Nantes. Non loin d’un campement de sans-papiers
devant la préfecture, il photographiait un panneau d’affichage
publicitaire dont le slogan était Lire la ville de plus près
pour voir plus loin : une manière de faire révéler
un autre sens à cette cohabitation d’éléments
mis en proximité.
Par le biais de collaborations multiples avec des vidéastes,
des musiciens, des chorégraphes et des metteurs en scène,
Stéphane Pauvret entreprend depuis plusieurs années,
des projets qui procèdent de décontextualisations,
de mises en abyme, de jeux de va et vient entre des médiums
et des supports.
Questionnement quant au mode de présentation qu’elle
induit, l’exposition peut devenir le prétexte à autant
de clins d’œil, références à l’espace
scénique ou au white cube de l’art contemporain. La
projection vidéo s’appréhendant ici comme une
expérience véritablement physique et concrète,
l’artiste explore le rapport corporel que le spectateur entretient
face à l’image, de manière générale
et élargie.
Stéphane Pauvret est aussi membre du collectif Contrechamp
diffusant des films d’artistes. Dernièrement, l’artiste
a réalisé au Brésil, un documentaire sur un
campement de paysans Sans-terre, ce mouvement syndical et populaire
qui lutte pour une réforme agraire et un changement social.
Intitulé Juste une illusion, le projet d’Instantané de
Stéphane Pauvret au Frac des Pays de la Loire, développe
une réflexion autour de l’hypermodernité d’une
mégalopole, Sao Paolo et sa proche région rurale. Dans
le cadre de l’Instantané, en parallèle à l’exposition,
sera programmé en avant première au Cinématographe,
le long métrage tourné au Brésil, écrit
et coréalisé avec Bérangère Janelle.
Juste une illusion constitue une proposition plastique imaginée à partir
d’un territoire réel, celui de l’architecture
de survie, qui apparaît aux abords d’une ville, et qui
est produite par des habitants refoulés à ses frontières.
La périphérie sociale, urbaine et politique comme une
donnée contemporaine, est une des thématiques déclinées
par cette exposition
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