La peinture de Damien Deroubaix
est liquide. Elle coule sur le papier et laisse des gouttes, des
taches et des traînées.
Pour son exposition au Transpalette l’artiste, né en
1972 à Lille, a choisi de réunir nombre de pièces
présentées précédemment à Bâle
ou à Berlin (ville où il vit et
travaille). Un grand requin est accompagné par un mirador et
une myriade d’ampoules noires. Ces objets occupent l’espace
tandis que des filles nues et mutilées se tiennent fièrement
au centre de grandes aquarelles sur papier, cohabitant avec des chiens
féroces, des squelettes et des mots rageurs. Enfin, sur la façade
du bâtiment, Karl Marx est réduit au rang de signe
publicitaire imprimé sur une bâche, nous rappelant ce
que sont devenues les dernières grandes idéologies. Ce
qui intéresse Damien Deroubaix, dans ce vaste choc de signes
et de figures, c’est de montrer la violence du monde contemporain
et son inhumanité chaque jour plus
féroce. Une approche bruyante et furieuse, saturée, comme
la musique qu’il écoute et
vénère : le grindcore. Durant le vernissage, le musicien
anarcho-punk Schmürtz jouera et
Damien Deroubaix projettera une vidéo de montage à partir
d’images d’atrocités
volées sur le net. Ce soir là, c’est tout l’environnement
sonore et visuel de l’artiste qui participera à l’exposition.
Damien Deroubaix a choisi, comme “special-guests” de
son exposition, Barbara Breitenfellner et Assan Smati. La première,
artiste autrichienne vivant à Berlin, fabrique des installations
entre chaos ordonné et rêve éveillé. Le
second est un sculpteur, au sens plastique et physique du terme,
fabriquant des œuvres où son travail tient autant de
la performance lors de la fabrication que de la sculpture même.
Le Transpalette remercie :
Groupe Laura (Tours) pour la production de la pièce "Karl Marx" de
Damien Deroubaix (2004)
Antoine Janod, collectionneur d'anciens flippers, pour sa contribution à l'installation
de Barbara Breitenfellner
|