L’Institut d’art contemporain présente
une importante exposition monographique de François Curlet.Depuis
une quinzaine d’années, François Curlet a réalisé de
nombreuses expositions en France et à l’étranger,
qu’elles soient personnelles (Galerie Micheline Szwajcer, 2004
; Air de Paris, 2003 ; Centre d’art contemporain de Sète,
2000 ; Le Collège, Frac Champagne-Ardenne, 1997) ou collectives
(Palais de Tokyo, Paris, mudam, Luxembourg, Grand-Palais, Paris,
2006 ; muhka, Anvers, 2005).L’exposition organisée par
l’Institut d’art contemporain réunit cinquante-quatre œuvres
de 1989 à 2006, permettant d’envisager la démarche
de François Curlet dans son ensemble à la manière
d’un rébus en trois dimensions. À l’occasion
de cette étape importante jalonnant son parcours, et sur l’incitation
de l’Institut, François Curlet invite respectivement
deux artistes aux démarches radicales, Jens Haaning et Christophe
Terlinden, à occuper des espaces différents, prolongeant
ainsi dans le lieu de l’exposition son « art du décalage ».
François Curlet
Né en 1967 à Paris, François Curlet a vécu à Lyon
jusqu’à l’âge de vingt-deux ans, période
depuis laquelle il n’a cessé de circuler en France et à l’étranger,
tout en conservant comme point d’ancrage la ville de Bruxelles.Le
parcours de cet exilé volontaire illustre sa démarche,
aussi bien conceptuelle et analytique, qu’aux lisières
de l’exploration du non-sens et de l’inconscient. Héritier à la
fois de John Knight et de Jef Geys, François Curlet opère
une fusion singulière entre art conceptuel, persistances dadaïstes,
imagerie pop et rêverie de type situationniste.Avec une grande
variété d’outils et de matériaux, l’œuvre
de François Curlet puise à la fois dans le réel
et dans l’imaginaire et emprunte aux domaines du conte, de
la télévision, des échanges économiques,
de la communication – mondes médiatiques contemporains
dont il concocte de savoureux dérèglements. Ainsi,
ces éléments – qu’ils soient objets, signes,
messages… – sont soumis à divers déplacements
et transformations qui détournent, inversent, ou invalident,
même, leurs fonctionnalités.Pour ces glissements, l’artiste
ne se prive pas d’user de divers processus qui produisent également
des commutations de sens : la discontinuité, l’hypertrophie
et la répétition des motifs, la déconstruction
du fait visuel, l’effet de présence incongrue, les jeux
linguistiques et les dérapages sémantiques. François
Curlet travaille à la loupe, comme pour dilater l’ordinaire
jusqu’à matérialiser l’improbable.Maître
de la distorsion des codes culturels, François Curlet en extrait
le potentiel ludique, poétique et narratif, en répandant
son humour caustique sur toutes choses. François Curlet produit
des télescopages visuels et culturels entre fictions et réalités,
et « remixe » avec fantaisie et rire irrévérencieux
les objets et les images, qui constituent alors un véritable
monde parallèle, « ovniesque », propre à l’artiste.
Publication
L’Ensba (Paris) publie un important catalogue monographique
consacré à l’œuvre de François Curlet,
en coédition avec l’Institut d’art contemporain
(Villeurbanne) et le Plateau/Frac Ile-de-France (Paris).Avec les
textes de Vincent Pecoil, Lili Reynaud-Dewar.
Parution fin 2007.
Calendrier 2007 des expositions de François
Curlet :
Expositions personnelles :
- Architecture fainéante (dessins et maquettes), Centre Culturel
Français, Turin, 7 mars - 5 avril.
- Galerie Micheline Szwajcer, Anvers, 14 juin - 15 juillet.
- Le Plateau/Frac Ile-de-France, Paris, 13 septembre - 18 novembre.
- La Galerie Commune, [Ecole Régionale Supérieure d’Expression
Plastique–Département Arts Plastiques de l’Université Lille
3], Tourcoing, novembre - décembre.
Expositions collectives :
- À moitié carré à moitié fou,
Villa Arson, Nice, 10 février - 27 mai.
- Airs de Paris, mnam, Centre Georges Pompidou, Paris, 25 avril -
20 août.
Jens Haaning
Jens Haaning est né en 1965 à Copenhague (Danemark)
où il vit et travaille. Préoccupé par les questions
de frontières, de nationalités et de différences
culturelles, Jens Haaning s’emploie depuis quelques années à mettre
en œuvre des projets qui permettraient la rencontre, l’échange,
entre diverses communautés. C’est ainsi qu’il
associe le plus souvent à ses projets des immigrés,
des marginaux et des clandestins. Jusqu’alors, la violence
que sous-tendent ses œuvres est à la mesure des rapports
de pouvoir et de la violence de l’espace social qu’il
tient à mettre en évidence. Si les œuvres récentes
de Jens Haaning manifestent toujours une certaine radicalité,
fidèle à l’artiste et à son insoumission
aux normes, elles semblent cependant s’orienter vers une vision
critique plus positive, laissant espérer une véritable
construction sociale relationnelle.
LA VERRIÈRE/1 - Christophe Terlinden
Intervention du 26 janvier au 18 mars 2007
Christophe Terlinden est né en 1969 à Etterbeek (Belgique).
Il vit et travaille à Bruxelles. Il intervient avant tout
dans l’espace public. En 2000, il initie le projet LUME : des
mots formés par l’éclairage des fenêtres
de bureaux sur les façades des buildings bruxellois. Il a également
conçu en 2002 un nouveau drapeau européen ainsi qu’un
billet de mille euros à l’effigie de Manneken Pis. Sur
un mode plutôt ironique, Christophe Terlinden réalise
le plus souvent des interventions en fonction de contextes précis,
pour en révéler les caractéristiques, les failles
ou les limites. Entre dénonciation politique et humour poétique…
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