Sculpture, installation, suspension,
mirage… Le
travail d’Aleksandra Ruszkiewicz semble parfois tenir de la
magie : suspendus dans les airs, une multitude de matériaux
créent des formes, dessinent des objets, ondulent en de légers
mouvements.
Cette fragilité tient le spectateur en respect, dans une forme
d’attente. Doit on intéragir avec l’oeuvre ou la
comptempler dans sa suspension. Oublier notre présence et se
faire tout petit, à peine un courant d’air.
Le travail d’Aleksandra induit la présence au monde de
chacun et l’incidence d’une infime interraction avec son
environnement.
Pour cette exposition, l’artiste propose une installation in-situ,
conçue tout spécialement pour l’espace de la
galerie.
Pour cela, Aleksandra Ruszkiewicz a été en résidence
pendant près de 2 semaines à Fougères. Cette
période lui a permis de mettre en place son installation.
Cette oeuvre, éphémère, s’appuie sur l’espace
physique de la galerie (sa géométrie, ses matériaux,
ses «accidents») mais aussi sur l’histoire de ce
lieu, le Couvent des Urbanistes, dont la destination a beaucoup évolué depuis
sa création, et son contexte.
Sa démarche :
le lieu ou l’expérience du lieu
«
En déplaçant les matières végétales
ou autres dans l’espace du travail, je crée un environnement
nouveau. (...) En disposant les unités, j’agis de façon
semblable à l’action du vent : je soulève l’ensemble,
comme par un souffle. Je fais des respirés entre les éléments à ma
propre manière, selon ma sensibilité j’accélère
ou je ralentis les pulsations. Je découvre et j’expérimente
les notions d’espacements du vide entre les éléments
(...).
(...) Je pulvérise la matière pour mettre en évidence
la matérialité du vide.»
le corps
«
J’utilise des multitudes d’éléments homogènes
de diverses origines.
Dans le choix des matériaux, mon attention est attirée
par l’extrême complexité de chaque corps, portant
en lui-même une multitude en soi.
(...) Par ailleurs, les distances entre les éléments
naturels que j’emploie, font plus la matière de mes
volumes que les éléments eux-mêmes.
Les éléments végétaux sont surtout là pour
dessiner le vide que je cerne.»
le temps arrêté
« Pendant le parcours du spectateur,
les visions se multiplient. La matière semble respirer. (...)
Je n’ai point le désir de maîtriser (au sens de
dominer) la matière.
L’ensemble reste très fragile (c’est d’ailleurs
cette fragilité qui devient la force de ce travail). C’est
une tentative de rendre visible l’apparition de l’impalpable.»
«
(..) un lieu d’exposition est devenu un lieu de travail, tandis
qu’un atelier est resté le plus souvent, un espace laboratoire,
un espace d’essais.
(... le temps d’exposition se confond avec le temps de travail.
C’est donc non pas le fait de posséder un espace, qui
compte,
c’est le fait de pouvoir construire à chaque fois un
espace
nouveau.»
extraits d’écrits d’Aleksandra Ruszkiewicz
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