Please
don’t stop loving me !, 4e exposition
personnelle de McDermott & McGough à la galerie, présentera
en exclusivité les dernières peintures du couple dandy
qui définit continuellement notre contemporanéité au
travers d’images resurgies du passé. À l’instar
de leur œuvre photographique délibérément
suranné, leur peinture puise dans la valeur métaphorique
de ces images pérennisées par notre inconscient collectif.
Cette nouvelle exposition
constitue le pendant de celle présentée
début 2006 à la galerie Cheim & Read à New
York, sur le thème de la sexualité cachée avec
des toiles figurant seulement des personnages masculins. Dans cette
nouvelle série, les sujets représentés sont
exclusivement des femmes :
Notre inspiration vient des vedettes de cinéma féminines « de
catégorie B » ; de celles qui pour la plupart n’ont
jamais percé, et des bandes dessinées à l’eau
de rose des années 50. Mais le sujet de cette série
de femmes larmoyantes, désespérées n’est
pas les actrices, ni le film ou le kitsch. Ce n’est pas un
regard nostalgique sur ce qui était. Nous pensons que le moment
dans lequel ces images sont figées (l’image de film
ou le dessin de bandes dessinées) traite du changement, telle
une opportunité de faire passer la douleur, la blessure sentimentale,
la peur dans un autre domaine de possibilités.
Cette nouvelle série d’une vingtaine de tableaux est
construite sur une même structure iconographique, similaire à celle
des planches de bandes dessinées, confrontant ou juxtaposant
des portraits de femmes, scènes issues de films hollywoodiens
de bandes dessinées sentimentales des années 50, dans
une dualité paradoxale soutenue par le contraste entre réalisme
et fiction, entre noir et blanc et couleur.
Ainsi figées sur la toile et coupées du contexte narratif
dont elles sont issues, ces mises en scène de femmes désespérées
prennent une forte valeur dramatique, que les artistes se plaisent à intensifier
en choisissant des titres évocateurs : With an anxious heart,
Now after all those things you told me, There wasn’t a thing
left to say, How could it end like this ?... La conception de la
toile, de son image et de son histoire, semble en cela fondée
sur l’interprétation de Magritte des mots et des images,
sur la fragmentation et le mystère de ses images.
Considérant que toutes les époques cohabitent dans
le présent, McDermott & McGough refusent les diktats du
temps contemporain et « vivent » dans l’époque
qu’ils pensent la plus favorable, à savoir la fin du
XIXe et le début à la moitié du XXe siècles.
Ils nous invitent à partager leur vision de l’illusion
du temps en s’attachant à restituer l’atmosphère
d’une époque particulière, ils nous entraînent
dans leur retour en arrière grâce à une scrupuleuse
et minutieuse reproduction de documents vintage, afin de donner à leurs œuvres
la plus grande authenticité possible. Ils poussent leur démarche
temporelle jusqu’à dater leurs images de l’époque
désignée, comme ici : 1963, 1965…
McDermott & McGough font resurgir dans cette exposition l’identité freudienne
de l’Amérique des années 50. Derrière
l’apparence d’un monde à la beauté idéalisée,
se cachent le désespoir, la solitude, le meurtre et l’adultère,
des choses qui font frissonner. Les femmes sont belles, bien habillées,
dans des intérieurs attirants, mais vivent une profonde tristesse,
toute cette beauté semble tout à coup prête à basculer… Les
artistes nous livrent ainsi leur vision sur cette thématique
américaine traditionnelle, de la même manière
que le fait aujourd’hui la série TV Desperate Housewives. À l’image
du Pop Art mais paradoxalement dans une thématique toujours
contemporaine, McDermott & McGough se préoccupent ici
du mariage américain du consumérisme « propre
et net » avec le sexe et la violence.
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